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Attentats de Paris : mystère autour du commanditaire présumé, l'état d'urgence en vote à l'Assemblée

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Par , France Bleu Paris, France Bleu

Abdelhamid Abaaoud a-t-il été tué mercredi dans l'assaut de Saint-Denis ? Est-il en fuite ? L'incertitude plane toujours jeudi sur le sort du commanditaire présumé des attentats de Paris, tandis qu'un projet de loi renforçant l'état d'urgence est soumis au vote des députés.

À Saint-Denis après l'assaut du 18 novembre
À Saint-Denis après l'assaut du 18 novembre © Maxppp

L'assaut mené mercredi au petit matin par les policiers du Raid et de la BRI à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) visait celui qu'on surnomme, au sein de l'organisation Etat islamique, Abou Omar al-Baljiki ("le Belge" en arabe) et soupçonné d'être l'organisateur des plus sanglants attentats de l'histoire française qui ont fait au moins 129 morts et 352 blessés vendredi soir. Cette opération a débouché sur l'arrestation de huit personnes, placées en garde à vue. Mais ni Abaaoud, ni Salah Abdeslam, autre suspect-clé toujours recherché, n'en font partie, a affirmé mercredi le procureur de Paris François Molins. 

Les occupants de l'appartement pas encore identifiés

Les enquêteurs sont désormais suspendus aux conclusions des équipes de police technique et scientifique, engagées dans un laborieux travail d'identification des corps retrouvés sur place et sévèrement abîmés par les violentes fusillades et explosion. François Molins a fait état d'"au moins deux morts" parmi les occupants de l'appartement : un "corps criblé d'impacts" et inidentifiable visuellement, et une personne qui s'est faite exploser à l'arrivée des policiers d'élite, vraisemblablement celui d'une femme "mais ce point devra cependant être vérifié par l'examen des corps et des débris de corps", a-t-il précisé. 

Le ministère de l'Intérieur n'a également "pas exclu" qu'un "troisième terroriste" ait pu être tué, les constatations étant compliquées par l'état des corps morcelés. 

Abdelhamid Abaaoud en France ? 

La possible présence en France d'Abdelhamid Abaaoud, tête d'affiche du contingent des jihadistes francophones de l'EI, interroge et inquiète. Selon François Molins, les enquêteurs ont recueilli lundi un témoignage "faisant état de la présence d'Abaaoud sur le territoire français". Ce témoignage, "qui a fait l'objet de nombreuses vérifications téléphoniques et bancaires", a abouti à l'assaut contre l'appartement de Saint-Denis. Et "tout laisse à penser que (...) ce commando pouvait passer à l'acte", a ajouté le procureur de Paris. Le quotidien Libération a mis en une de son édition de jeudi le visage du terroriste.

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Plusieurs hommes traqués

La traque se poursuit par ailleurs contre Salah Abdeslam, 26 ans, soupçonné d'être un des membres du groupe qui a mitraillé vendredi les terrasses de cafés et restaurants parisiens, avec son frère Brahim Abdeslam, qui s'est fait exploser. Il est activement recherché, notamment en Belgique où les attaques ont été organisées selon les autorités françaises et où il aurait été exfiltré samedi matin depuis Paris. Deux complices présumés de cette fuite, Mohammed Amri (27 ans) et Hamza Attou (20 ans), ont été arrêtés à Bruxelles et inculpés par la justice belge pour "attentat terroriste". Un autre jihadiste non identifié serait aussi en cavale, à moins qu'il ne s'agisse d'un des deux complices présumés de l'exfiltration. 

Plusieurs kamikazes ont déjà été identifiés, tous Français: Brahim Abdeslam (31 ans), Bilal Hadfi (20 ans), Samy Amimour (28 ans) et Omar Ismaïl Mostefaï (29 ans). Il reste notamment à mettre un nom sur un cinquième homme passé par la Grèce cet automne et auprès duquel a été retrouvé au Stade de France un passeport syrien à l'authenticité douteuse, dont les policiers ont diffusé la photo. Autre individu dans le collimateur des enquêteurs : Fabien Clain, Français de la Réunion converti à l'islam et vétéran du jihadisme, qui a revendiqué les attaques au nom de l'EI dans un enregistrement. 

Vers un état d'urgence renforcé 

C'est dans ce contexte pesant que les députés votent jeudi un projet de loi renforçant l'état d'urgence, décrété par François Hollande dès vendredi soir. Ce texte, qui devrait recevoir un très large assentiment de l'Assemblée avant d'être soumis vendredi au vote du Sénat en vue d'une adoption définitive, prévoit la prolongation de l'état d'urgence pour une durée de trois mois à compter du 26 novembre, soit jusqu'à fin février.

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