Faits divers – Justice

Attouchements sexuels sur mineurs : deux ans de prison avec sursis pour un prêtre jésuite de Grenoble

Par Céline Loizeau et France Bleu, France Bleu Isère et France Bleu mercredi 19 octobre 2016 à 19:22 Mis à jour le mercredi 19 octobre 2016 à 20:00

La cour d'appel de Grenoble a rendu son arrêt ce mercredi.
La cour d'appel de Grenoble a rendu son arrêt ce mercredi. © Maxppp -

Comme en 1ere instance, l'an passé, en appel le père jésuite grenoblois Dominique Peccoud, aujourd'hui retraité, a été condamné à deux ans de prison avec sursis pour atteintes sexuelles sur mineurs. La cour d'appel de Grenoble a rendu son arrêt ce mercredi 19 octobre.

La cour d'appel de Grenoble a confirmé ce mercredi la peine prise en première instance à l'encontre du père jésuite grenoblois Dominique Peccoud. L'homme de 70 ans a donc été condamné à deux ans de prison avec sursis pour atteintes sexuelles sur mineurs. Le prêtre, retraité à Grenoble depuis 2008 où il a rejoint une communauté jésuite, verra aussi son nom inscrit au Fijais, le fichier des auteurs d'infractions sexuelles. Sa condamnation s'accompagne également d'une interdiction définitive d'exercer une activité en contact avec des mineurs.

Son procès en appel avait eu lieu le mois dernier devant la cour d'appel de Grenoble. Son avocat, injoignable ce mercredi après-midi, avait plaidé la relaxe alors que l'avocate générale avait parlé d'un prédateur sexuel manipulateur.

Une peine en deçà des réquisitions de l'avocate générale

A l'énoncé de la décision de la cour d'appel de Grenoble, le père Dominique Peccoud n'a pas souhaite faire de commentaires. Il écope d'une peine moins forte que les réquisitions de l'avocate générale qui avait demandé 5 ans de prison, dont deux fermes. Une avocate générale qui avait critiqué les réponses "pitoyables" du prévenu qui selon elle "accuse et dénigre les victimes".

En 2008 à la demande de sa hiérarchie, le prêtre jésuite se dénonce, reconnaît avoir blessé plusieurs enfants, mais il revient sur ses déclarations et minimise les faits. A la barre, le mois dernier, il avait parlé de "massages sensuels" pour "avoir des relations plus simples avec ces victimes", des garçons qui le mettaient "sur un piédestal". Il les caressait pour "qu'ils se détendent et se confient à lui", avait il expliqué. Pour lui, il n'avait aucun envie d'avoir des contacts sexuels.

Les faits jugés ont eu lieu de 1990 à 2004

Le prêtre, figure des jésuites de Grenoble et de France, partageait le lit de ces jeunes victimes, souvent nus, lors de vacances dans le Morbihan, dans les Bouches du Rhône ou bien encore à Morzine, en Haute Savoie. Les faits jugés concernaient 3 mineurs et s'écoulent sur une longue période : de 1990 à 2004. Aucune victime ne s'est constitué partie civile. Le fort ascendant du prêtre sur les enfants a été signalé lors de ce nouveau procès.

Dans ce dossier, d'autres cas ont été évoqués, notamment celui de son neveu aujourd'hui âgé d'une quarantaine d'année, mais les faits en l’occurrence sont prescrits. En France, une personne victime d'agression sexuelle ou de viol alors qu'il est mineur peut se manifester jusqu'à ses 38 ans. Ainsi Paul Chabre, le neveu du prêtre, regrette de ne pas avoir dénoncé les faits plus tôt. Il avait peur d'être rejeté car son oncle était "une icône intouchable". Voici sa réaction après la décision de la cour d'appel.

Un décision qui ne satisfait pas Paul Chabre pour plusieurs raisons

La réaction de la province de France des jésuites

Dans un communiqué publié après le délibéré, la province de France des jésuites a annoncé que le dossier du père Peccoud allait à présent être transmis au supérieur général de la Compagnie de Jésus puis à la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui prendra "les décisions et les sanctions canoniques" qui s'imposent, celles-ci pouvant comprendre un renvoi de l'état clérical. "En attendant, le père Peccoud, qui demeure interdit de tout ministère auprès de mineurs ou de jeunes et à qui il est demandé de ne prendre aucune initiative de contact avec les victimes et leurs proches, est suspendu de tout ministère public et de toute prise de position publique, de toute célébration ou concélébration lors de liturgies sacramentelles, de tout ministère d'accompagnement de personne ou de groupe", précise la province.

Partager sur :