Faits divers – Justice

Faute d'herbe, les vaches quittent le Ballon d'Alsace plus tôt que prévu

Par Marie Roussel, France Bleu Belfort-Montbéliard dimanche 16 octobre 2016 à 7:00

La transhumance d'automne a été avancée de 15 jours cette année. ©Belfort Tourisme
La transhumance d'automne a été avancée de 15 jours cette année. ©Belfort Tourisme

En pâture sur les hauts du Ballon d'Alsace depuis le 20 mai, les vaches des exploitants Paul et Lionel Morcely ont dû être rapatriées plus tôt que prévu. Avec les sécheresses estivales, les Salers n'avaient plus rien à brouter depuis 15 jours.

D'habitude, la descente des vaches du Ballon d'Alsace s'accompagne de festivités. Mais cette année, ça s'est passé sans tambours ni trompettes. Les agriculteurs Lionel et Paul Morcely n'avaient pas vraiment le coeur à la fête. En effet, ils ont dû rapatrier plus tôt que prévu les 150 vaches et veaux Salers qui pâturaient au lieu-dit du Plain de la Gentiane depuis le 20 mai 2016. La raison ? Plus d'herbe pour le bétail à cause du temps trop sec.

Depuis la fin du mois de septembre, les exploitants faisaient donc l'aller-retour entre la ferme des Senardins, à Auxelle-Bas et les hauts du Ballon d'Alsace pour nourrir leur bétail en fourrage. Double coût pour ces agriculteurs, à la fois en carburant, mais aussi en fourrage puisque, cette année, ils devront en acheter davantage. Ils ont déjà commencé à puiser dans leur réserve, mais ils ont un mois d'avance...

Puiser dans les stocks avec un mois d'avance

Durant la transhumance, les vaches ont dévalé les 17 kilomètres entre leur lieu de pâture et la ferme. "Elles sont pressées de voir l'herbe chez nous mais elles vont être déçues", commente Paul Morcely. Car dans leur exploitation aussi, en bas du Ballon d'Alsace, la sécheresse a fait des siennes. "Certes ça nous inquiète il faut arriver au printemps !"

Cette année, dans notre secteur c'est exceptionnel. Je ne me rappelle pas qu'on soit redescendu avec si peu d'herbe en automne depuis que je fais la transhumance voilà 45 ans - Paul Morcely

Pour Paul Morcely, la mauvaise météo va avoir un impact désastreux sur les rendements

Avec le fourrage médiocre du printemps on aura certainement beaucoup moins de vaches qui seront en état de produire.

En plus de cela, les fourrages utilisés sont de moins bonne qualité cette année. Dû au printemps trop humide cette fois-ci. L'exploitant craint donc que les vaches soient beaucoup moins en état de produire. Ce qui n'est pas du tout souhaitable à l'heure actuelle, avec la crise agricole. Paul Morcely ose espérer que l'année prochaine, la fête de la Transhumance sera de nouveau célébrée.

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