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Faits divers – Justice

Au procès du bijoutier niçois jugé pour le meurtre d'un braqueur, les proches de la victime s'expriment

mardi 29 mai 2018 à 20:57 Par Marion Chantreau, France Bleu Azur

Au deuxième jour du procès de Stéphan Turk devant la cour d'Assises des Alpes-Maritimes, la personnalité de la victime a été étudiée. Un jeune braqueur multirécidiviste de 19 ans, mort d'une balle dans l'omoplate qui a traversé son poumon, tirée par le commerçant.

La sœur d'Anthony Asli, le braqueur tué par Stéphan Turk, et sa compagne de l'époque ont témoigné devant la cour d'Assises des Alpes-Maritimes
La sœur d'Anthony Asli, le braqueur tué par Stéphan Turk, et sa compagne de l'époque ont témoigné devant la cour d'Assises des Alpes-Maritimes © Maxppp - Frantz Bouton

Nice, France

Mardi matin, plusieurs témoins ont été entendus à la barre de la cour d'assises de Nice. Des personnes présentes non loin de la rue d'Angleterre le 11 septembre 2013, au matin du braquage à mains armées. L'objectif du président, Patrick Véron, était de comparer la version de Stéphan Turk, selon laquelle l'un des braqueurs, passager du scooter, l'aurait visé dans sa fuite avec un fusil à pompe. 

Or les témoignages se sont révélés versatiles, peu précis. Si les témoins disent tous avoir entendu les coups de feu, vu un scooter rouler à vive allure, ils ne sont pas formels sur la position de l'arme, et personne n'a vu distinctement si le bijoutier était directement menacé par un braqueur avec un fusil. Il faut dire qu'il n'existe pas de vidéosurveillance à l'extérieur. 

Une victime à la personnalité contrastée

Mardi après-midi, il a été beaucoup question de la victime, Anthony Asli, âgé de 19 ans, abattu par le commerçant. Un délinquant multirécidiviste que ses proches ont décrit comme "immature et influençable". Le président a rappelé les 14 mentions à son casier judiciaire depuis l'âge de 15 ans : vols en réunion, dégradations, sa plus lourde peine pour des faits de vols avec violence en 2010 où il avait écopé de dix mois de prison ferme. Il avait consommé du cannabis le jour du braquage à main armée, selon une expertise médicale. 

Puis sa sœur aînée, aujourd'hui âgée de 33 ans, Alexandra Asli, a pris la parole décrivant "un garçon rebelle, insouciant, le plus immature d'une fratrie de 5 enfants, d'origine corse et gitane. Il avait 19 ans, mais 12 ans d'âge mental, pour lui rien n'était grave". Elle parle d'un jeune influençable, de ces mauvaises fréquentations à Carros, "on a tout essayé, surtout mon père, pour qu'il retrouve le droit chemin. Anthony a suivi une formation pour devenir paysagiste, mais il avait des problèmes d'assiduité, de concentration". 

L'enquêteur de personnalité, décrit un enfant instable, un élève en difficulté se conformant difficilement à l'autorité, des troubles du comportement, une cellule familiale perturbée mais un garçon fusionnel avec sa mère. Une expertise psychiatrique de 2010 est citée : "à 17 ans, il a le psychisme d'un enfant de 10 ans, facilement manipulable, il peut-être entraîné par des camarades mal intentionné dans des délits dont il ne mesure pas la portée". 

Les proches du braqueur mort réclament justice

Alexandra Asli, la sœur du braqueur dit qu'elle "aurait préféré que son frère soit vivant afin qu'il soit jugé pour ses actes violents. Mais l'assassin c'est Stéphan Turk aujourd'hui, et la justice doit le condamner", ajoute-t-elle. Elle parle d'une famille brisée, qui souffre depuis cinq ans. Son père est décédé en 2015, deux ans après les faits "de chagrin" dit-elle. La compagne d'Anthony Asli, mère de son enfant aujourd'hui âgée de quatre ans, par d'un jeune-homme qui "certes a fait des bêtises, il a volé, mais ne méritait pas la mort, ce n'était pas un méchant"