Faits divers – Justice

Aucun lien entre les viols d'Argelès et celui de Perpignan

Par Cyrille Manière et Mathieu Ferri, France Bleu Roussillon jeudi 3 juillet 2014 à 17:43

Le colonel Philippe Correoso
Le colonel Philippe Correoso © Cyrille Manière / Radio France

Pour les enquêteurs, les deux affaires sont distinctes. Le commandant de la gendarmerie des Pyrénées-Orientales l'a indiqué ce jeudi après-midi lors d'une conférence de presse à Perpignan. On connaît aussi plus de détails sur le double viol d'Argelès.

Les enquêteurs ont au moins une certitude : les viols de deux vacancières à Argelès-plage, dans la nuit de lundi à mardi, n'ont rien à voir avec celui de Lola, une habitante du quartier Kennedy, en fin de semaine dernière à Perpignan. Le mode opératoire est différent et le descriptif des agresseurs également.

Colonel Correoso : "il ne s'agit pas de violeurs en série"

Le colonel Philippe Correoso, commandant le groupement de gendarmerie des Pyrénées-Orientales, l'a affirmé lors d'une conférence de presse jeudi après-midi à Perpignan. Alors que le parquet de Perpignan annonçait mercredi vouloir "garder un certain nombre de choses secrètes ", pour ne pas gêner l'enquête, le colonel Correoso a donné des précisions sur les faits odieux survenus à Argelès-plage.

Les deux vacancières lyonnaises sont arrivées dans la région dimanche après-midi. Le lundi, après une visite au Perthus, elles sont allées à la plage. En début de soirée, les deux jeunes femmes de 18 et 19 ans se sont promenées dans les rues d'Argelès et ont rencontré plusieurs jeunes hommes (six ou sept) d'une vingtaine d'années. Ils leur proposent de se retrouver plus tard à la boîte de nuit Le SIlver . Après un moment tous ensemble dans la discothèque, deux garçons de la bande proposent aux deux filles de sortir fumer une cigarette. Non loin de l'esplanade Charles Trénet, deux "couples" se forment et se séparent sur la plage. "Ils étaient éloignés et ne se voyaient plus ", précise le colonel Correoso.

"On a quelques éléments qui ressortent de l'enquête de voisinage" (le colonel de gendarmerie Philippe Correoso)

Chacun de leur côté, les deux jeunes hommes deviennent entreprenants et proposent un rapport sexuel. Les deux jeunes femmes refusent, alors ils les violent ! Peu après trois heures du matin (dans la nuit de lundi à mardi), les deux agresseurs ont probablement été dérangés par les engins de nettoyage qui arrivaient sur la plage et ils ont pris la fuite. Les vacancières arrivent à se retrouver et une d'entre elles alerte la gendarmerie. Contrairement à ce qui avait été annoncé, les deux jeunes femmes n'étaient pas dévêtues au moment où elles ont été retrouvées : "elles ont retrouvé leurs vêtements. L'une d'entre elles avait juste remis son short, laissant sa culotte sur la plage ".

Argeles / Coreoso 18h

Depuis les faits, une trentaine d'enquêteurs est à pied d'oeuvre. Tout est étudié :"la police scientifique a déjà fait le maximum qu'elle pouvait faire, il y a eu des prélèvements ". Des images vidéo pourraient peut-être aider la gendarmerie et le porte-à-porte a semble t-il déjà apporté quelques informations : "on a quelques éléments qui ressortent de l'enquête de voisinage ". Selon le colonel Correoso, il y a un réel espoir de retrouver les agresseurs mais "l'enquête est difficile car il n'y a aucun lien entre les agresseurs et les victimes donc il faudra un peu de temps ".

COlonnel Correoso : \"aucune hypothèse écartée\"

Si vous êtes en mesure d'apporter la moindre information concernant cette affaire, si vous étiez aux abords de l'esplanade Charles Trénet ou de la discothèque le Silver à Argelès lundi dernier entre 23 heures et 3h30 du matin, veuillez contacter la gendarmerie d'Argelès au 04 68 81 03 96.