Faits divers – Justice

Audiences délocalisées à l'aéroport : des associations et des avocats déposent des recours

Par Rémi Brancato, France Bleu Paris mercredi 18 octobre 2017 à 16:09

Des associations de défense des étrangers, des avocats et des magistrats ont organisé ce mercredi une conférence de presse devant cette salle d'audience délocalisée, à Roissy
Des associations de défense des étrangers, des avocats et des magistrats ont organisé ce mercredi une conférence de presse devant cette salle d'audience délocalisée, à Roissy © Radio France - Rémi Brancato

Des associations de défense des étrangers et des avocats ont annoncé déposer ce mercredi des recours contre l’ouverture d’une annexe du Tribunal de Bobigny à l’aéroport de Roissy. Cette salle d’audience, chargée de juger des étrangers retenus en zone d’attente doit ouvrir la semaine prochaine.

La salle d’audience devait ouvrir ce mercredi mais l’inauguration est encore reportée d’une semaine. Selon les avocats présents ce 18 octobre pour dénoncer à nouveau ce projet, le ministère de la Justice a décidé de reporter au 26 octobre l’ouverture officielle de cette annexe du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Bobigny au bord des pistes de Roissy, chargée de juger les étrangers retenus en zone d’attente, et dont la Police aux frontières (PAF) souhaite prolonger la durée de rétention.

Une nouvelle audience expérimentale s’est donc tenue ce mercredi, en présence de représentants de diverses associations de soutiens aux étrangers (dont la CIMADE, le GISTI, l’ANAFE), de représentants des avocats du barreau de Seine-Saint-Denis, venus dénoncer le projet. Déjà trois audiences expérimentales de ce type avaient eu lieu les 24 juin, 4 juillet et 14 septembre.

Des recours déposés

Les associations et les avocats en ont profité ce mercredi pour déposer des recours en « intervention volontaire » afin de dénoncer l’existence de cette salle d’audience. Ils promettent de faire appel d’un éventuel rejet.

La semaine dernière, le défenseur des droits s’est prononcé pour le report de l’ouverture de cette salle d’audience. Mais la chancellerie maintient pour l’instant le projet. « Encore une fois, la Justice se soumet au ministère de l’Intérieur » dénonce Laurence Blisson du Syndicat de la magistrature, qui souligne la promiscuité de cette salle d’audience avec la zone d’attente où sont retenues, par la PAF, les étrangers qui ne peuvent entrer sur le territoire. Valérie Grimaud, batônnier de la Seine-Saint-Denis, estime de son côté que ce projet bafoue des principes essentiels de la Justice « en s’asseyant sur les garanties du procès équitable ».

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