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"Tant qu'on ne permettra pas aux auteurs de changer, on n'évitera pas la récidive"

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Par , , France Bleu Isère

Au lendemain de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, France Bleu Isère recevait ce jeudi matin Audrey Quey, Procureur de la République de Vienne et très investie dans ce sujet.

Les violences conjugales
Les violences conjugales © Radio France

Le parquet de Vienne est en pointe sur ce thème des violences conjugales. Avec notamment ce dernier projet en date qui vient d'être validé :  la création d'un centre d'accueil pour les auteurs de violences conjugales. L'Etat accepte de financer une partie de son fonctionnement. Pouvez-vous nous rappeler ce que sera ce centre qui est porté par l'association "Le Rivage" ? 

C'est un centre de prise en charge des auteurs de violences conjugales, un projet qui a été soutenu par Caroline Abadie, députée de l'Isère, et qui nous a entraîné depuis plusieurs mois maintenant dans un projet qui est assez intéressant dans la mesure où non seulement il permet l'éviction du conjoint violent tel qu'on le connaît maintenant depuis plusieurs années dans l'ensemble des parquets de France, mais également une prise en charge multidisciplinaire à la fois sur un plan psychologique avec des entretiens individuels, mais également des groupes de parole, une insertion professionnelle avec parfois aussi des échanges avec les victimes de violences conjugales. Tout cela pour qu'il y ait une prise en charge plus globale.

Une prise de conscience ?

Voilà : pour qu'ils ne récidivent. 

Voit-on baisser la récidive dans ce type de centre comme celui d'Arras par exemple?

Oui. Pour nous c'est bien trop tôt pour le dire mais c'est effectivement probant à Arras en tout cas. L'idée étant de dire que prendre en charge les victimes de violences conjugales c'est très bien et c'est absolument nécessaire - et on va continuer à le faire - mais si on ne prend pas en charge les auteurs ils recommenceront. Peut-être pas sur cette victime-là mais sur d'autres. D'où la nécessité de les prendre en charge dans tous les aspects : éducatif et également médical .

C'est vrai que ça peut interroger certaines personnes qui disent 'on en fait beaucoup pour l'auteur et pas pour la victime". En éloignant le conjoint violet et en travaillant à sa réinsertion, on travaille aussi pour les victimes c'est ça ?

C'est exactement ça. Le but c'est de dire que ce n'est pas la femme, enfin à la victime -  généralement ce sont des femmes... Ce n'est pas la victime de quitter le domicile conjugal, c'est effectivement à l'auteur. Il y a des fois où l'auteur n'a pas de solution de relogement est où finalement il obtient de la victime qu'il puisse revenir à la maison alors même qu'il en avait l'interdiction judiciaire. Alors que là il sera obligé de rester dans ce cadre ; il y aura à la fois une structure d'hébergement et une structure de prise en charge, des groupes de parole qui permettront d'éviter à la victime de quitter le domicile. On dit on en fait trop pour les auteurs, je crois que tant qu'on ne soignera pas les auteurs, tant qu'on ne permettra pas aux auteurs de changer, on n'évitera pas la récidive.

Il y aura huit places dans ce centre, ce sera suffisant ?

Il y a 8 places d'hébergement mais pour tout ce qui est prise en charge multidisciplinaire on aura des groupes de paroles un peu plus larges, il y aura des gens qui ne seront pas hébergés et qui bénéficieront notamment de la prise en charge. Et puis ces 8 places tourneront. L'idée d'aider à réinsérer, à retrouver un logement également. Et donc bien évidemment ce sont des places qui vont tourner et peut arriver à un nombre assez important d'auteurs. L'association Le Rivage porte le projet sur le plan de l'hébergement mais il y a aussi des associations d'aide aux victimes du Nord Isère qui sont extrêmement mobilisées pour arriver à mettre en place un projet qui ait véritablement du sens.

Hier vous étiez au palais de justice de Grenoble avec votre homologue le procureur Éric Vaillant qui lui a fait le point sur l'ensemble de la situation aujourd'hui dans le département. On est en train de vivre un deuxième confinement. Les violences intrafamiliales et les violences conjugales elles se jouent dans en huis-clos. Avez-vous constaté une hausse des affaires de ce type-là ?

Oui très clairement. On a constaté au début du confinement assez peu d'affaires de violences conjugales (je parle du premier confinement). Et plus le confinement avançait, plus on a vu revenir ces affaires de violences conjugales avec finalement une explosion sur le deuxième trimestre 2020. A Vienne on a fait plus de comparutions immédiates en matière de violences conjugales sur le deuxième trimestre 2020 que sur la totalité de l'année 2019! Je vous parle de chiffres qui ont quasiment doublé. C'est la fin du confinement et le déconfinement qui ont permis aux victimes de venir signaler les violences. Elles sont restées dans huis-clos très longtemps sans rien dire. C'est également le cas des enfants - même si on n'est pas sur ce sujet ce matin  c'est un tout. Je pense qu'il est véritablement important aujourd'hui que les victimes entendent que dans le cadre de ce deuxième confinement, rien n'oblige la victime à rester au domicile. C'est l'une des raisons pour lesquelles on est autorisé à briser ce confinement (le fait d'être victime de violences conjugales).

  • Un numéro pour appeler à l'aide en cas de violences conjugales : le 3919, et le 114 par SMS
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