Éducation

Voyage de la mémoire à Auschwitz pour 200 collégiens azuréens

Par Laure Debeaulieu, France Bleu Azur lundi 25 janvier 2016 à 5:22

Lumière froide au camp d'Auschwitz
Lumière froide au camp d'Auschwitz © Radio France - Laure Debeaulieu

Les jeunes Azuréens ont parcouru vendredi dernier le camp de la mort pour mieux comprendre cet épisode sombre de notre histoire, accompagnés de Zelda ,86 ans, rescapée d'Auschwitz.

C'était le 70e voyage de la mémoire organisé vendredi 21 janvier par le conseil départemental des Alpes-Maritimes. Depuis 2003, plusieurs déplacements sont organisés pendant l'année scolaire pour permettre à ces élèves de troisième de mieux comprendre la déportation. Tous sont stupéfaits de la dure réalité des camps qui reste figée dans le passé.

"Ça n'a rien avoir avec ce que l'on peut nous apprendre dans les livres : on se rend compte que tout cela a existé."

Les premières réactions des adolescents à leur arrivée

Classe de 3eme collège Auguste Blanchi de Puget-Thénier - Radio France
Classe de 3eme collège Auguste Blanchi de Puget-Thénier © Radio France - Laure Debeaulieu

Le matin, par -5 degrés, les collégiens parcourent dans la neige l"immense camp de Birkenau qui s'étend sur 300 hectares bordés de forêts. Les rails de la voie ferrée montrent encore ces wagons de bois aux lourdes portes coulissantes dans lesquelles les déportés arrivaient. 

La gare de "triage", "le chemin de la mort" pour "aller à la douche", les latrines sommaires, les baraques où les personnes dormaient à même le sol, ce qui reste des fours et des premières chambres à gaz. Autant d'images qui se forment dans l'esprit de ces adolescents. Au fur et à mesure de la visite, les visages se ferment, les regards sont interrogateurs et l'émotion les envahit.

Les collégiens réalisent la réalité de l'horreur des camps

Radio France
© Radio France - Laure Debeaulieuaure Debeaulieu

A la mi-journée, les jeunes chantent "Nuits et brouillards", lisent des textes signés Simone Weil et récitent des prières en hébreu. C'est la cérémonies de recueillement et d'hommage. Des couronnes de fleurs sont déposées. Le moment est fort, toujours chargé d'émotion.

L'hommage des collégiens sous les yeux bienveillants de Zelda, déportée en 44

Radio France
© Radio France - Laure Debeaulieu

Après la pause déjeuner, c'est l'entrée dans le camp de Auschwitz 1. La devise en fer forgé qui domine l'entrée du camp "Arbeit macht frei" (le travail rend libre) saute aux yeux des adolescents.

"Mais ils leur mentaient tout le temps ! "

L'effroyable réalité continue d'occuper l'après-midi. Tous ce que le camp a gardé de ces milliers de victimes est là : valises, souliers, lunettes, vêtements, cheveux...

2 collégiennes livrent leur émotion

Radio France
© Radio France - Laure Debeaulieu

Et puis il y a la rencontre avec Zelda, cette dame fragile de 86 ans ne s'est pas ménagée pour suivre les enfants tout au long de la journée. Elle est venue  leur parler de son arrivée à Auschwitz le 27 août 1944.

Les adolescents ont échangé avec Zelda qui n'a pu retenir ses larmes

Elle avait 14 ans, le même âge que le leur aujourd'hui. Elle restera six semaines à Auschwitz avant d'être envoyée dans une usine de munitions. 

Zelda a raconté son histoire depuis son arrivée en août 1944 à 14 ans

A la fin de l'année, 13 000 collégiens du département auront fait le déplacement en Pologne depuis 2003. Des adolescents qui se souviendront longtemps de ce voyage dans le temps.