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Faits divers – Justice

Auteur de violences conjugales, il expérimente le "suivi renforcé" de Saintes en Charente-Maritime

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Par , France Bleu La Rochelle, France Bleu

Le parquet de Saintes, en Charente-Maritime, a mis en place il y a deux semaines un dispositif de "suivi renforcé" à destination des auteurs de violences conjugales. France Bleu La Rochelle a rencontré le premier homme à bénéficier de ce dispositif.

A Saintes, le nombre de dossiers pour violences conjugales a augmenté de 30% par rapport à 2018, selon le procureur, Nicolas Septe
A Saintes, le nombre de dossiers pour violences conjugales a augmenté de 30% par rapport à 2018, selon le procureur, Nicolas Septe © Maxppp - Florian Salesse

Saintes, France

C'est une première en France en matière de lutte contre les violences conjugales. Le parquet de Saintes, en Charente-Maritime, vient de mettre en place un dispositif de "suivi renforcé" à destination des auteurs. Une fois déférés et avant leur jugement devant le tribunal, ils sont accompagnés par un agent de suivi, généralement une assistante sociale de formation.

Cette forme de "justice réparatrice", selon les termes employés par le procureur de Saintes, a pour objectif d'éviter la récidive et surtout le féminicide. À Saintes, le procureur, Nicolas Septe, compte 400 dossiers pour violences conjugales, "une hausse de 30% par rapport à l'an dernier", déplore-t-il. Sur la base du volontariat, trois hommes jugés violents participent à ce programme, ouvert il y a deux semaines. 

Le premier a en bénéficier est un homme qui, sous l'emprise d'alcool, a frappé sa compagne à plusieurs reprises, sans qu'elle ne porte plainte. Mais un jour, c'est le coup de trop. Un coup de poing au visage. Elle saisit la justice mais refuse toute mesure d'éloignement. Le couple vit toujours sous le même toit. Ils disent s'aimer et vouloir réparer les morceaux.

"Sans ce dispositif, je serais tombé encore plus bas que je ne le suis déjà"

De son côté, l'homme promet de faire des efforts. Alors depuis une quinzaine de jours, il est suivi par un agent. Une femme qui a changé sa vie selon lui. Bienveillante et à l'écoute, il la qualifie d'"ange gardien".

Sans ce dispositif, je serais tombé encore plus bas que je ne le suis déjà. Au bout de 25 ans d'addiction à l'alcool, si on n'est pas aidé par une structure vraiment forte, il est très facile de retomber.

L'homme se dit "fier" de pouvoir participer à ce programme qui, il l'espère, pourra le "faire sortir de cette spirale infernale". Et Julie, son agent de suivi, a envie d'y croire. Elle l'accompagne quasiment au quotidien depuis quinze jours. Et son premier bilan est plutôt positif. "Monsieur fait d'énormes efforts. Il a vraiment envie de s'en sortir", assure-t-elle.

Des obligations à respecter

Pendant cette période de suivi, qui dure six mois en moyenne, cet homme est soumis à certaines obligations. Et Julie, son agent de suivi, doit veiller à ce qu'il les respecte. Depuis la mise en place du dispositif, elle l'a vu deux fois et lui a téléphoné à de nombreuses reprises, "y compris le soir et pendant le week-end", précise la jeune femme.

Mon rôle est notamment de l'orienter vers les Alcooliques anonymes, de vérifier s'il a bien pris rendez-vous avec eux. Je prends également contact avec la victime pour qu'elle sache qu'elle peut m'appeler si jamais il y a un souci quelconque. 

Chaque situation est singulière. Les obligations et engagements peuvent donc varier d'un cas à l'autre, explique Nicolas Septe. Le suivi est individualisé. "Cela peut être une obligation de soins, puisque la plupart du temps, les violences sont commises sous l'emprise d'alcool ou de stupéfiants, précise le procureur. Parfois, cela peut se traduire par l'obligation de trouver une activité professionnelle."

Au bout du compte, ce qu'il espère, c'est que "les magistrats n'aient plus aucun dossier de ce genre à traiter". Nicolas Septe fera le bilan dans un an, mais il est optimiste. En se basant sur les chiffres du Canada, où le dispositif existe déjà, il affirme que les risques de récidive sont de 10%, contre 55% lorsque l'auteur de violences conjugales est placé en détention.

Et le parquet de Saintes a décidé d'aller encore plus loin dans sa démarche. Il vient d'ouvrir, à l'hôpital de Saintes, une cellule d'écoute destinée aux enfants témoins de violences conjugales.

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