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Faits divers – Justice

Aux assises de l'Hérault, les témoignages des fillettes et de leurs parents font voler en éclat la thèse du complot

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Par , France Bleu Hérault

2e jour d'audience au procès de Laurent Belmonte, cet entraîneur de football qui comparaît pour avoir violé six fillettes dont il avait la charge entre 2014 et 2016 à Autignac. Une journée difficile, consacrée à l'examen des faits et à l'audition des témoignages des fillettes et de leurs parents

Le procès de Laurent Belmonte dure jusqu'à la fin de la semaine
Le procès de Laurent Belmonte dure jusqu'à la fin de la semaine © Radio France - Guillaume Roulland

Montpellier, France

Sur les grands écrans de la salle d'audience de la cour d'assises, apparaissent les petites silhouettes de deux fillettes. Elles ont le sourire de l'innocence et elles expliquent, avec leurs mots d'enfants, ce que leur entraîneur de football leur a fait subir. Ce sont donc les images de leurs auditions respectives, devant les gendarmes d'abord, puis devant la juge d'instruction en charge de l'affaire. Et elles sont difficiles à supporter. 

La mère de l'une d'elle préfère quitter la salle d'audience. L'épouse de l'accusé, soit disant à l'origine du "complot", elle aussi. Elle fond en larmes au moment précis où elle voit une des deux fillettes dessiner avec précision, devant la juge, les pièces de sa propre maison. Là où les viols ont été commis. 

Un voisin qui vous veut trop de bien ?

Puis les parents défilent à la barre, avec sur leurs épaules, un lourd et inévitable sentiment de culpabilité. Ils expliquent comment Belmonte a peu à peu acquis leur confiance. Certains habitent à moins de 100m de la maison de l'accusé. Il était toujours disponible, aimable et populaire auprès des enfants. Dans le but sans doute de mieux attirer ces derniers dans ses filets. Mais qui oserait réellement leur jeter la pierre ? 

Car pour parvenir à ses fins, Belmonte avait réussit à installer au sein de ces familles sans histoire un double phénomène. De l'emprise d'un côté, de la confiance de l'autre. Emprise sur les enfants d'abord. Ils aimaient beaucoup leur entraîneur de football. Il n'était pas rare que les fillettes lui sautent parfois dans les bras. Cela intriguait certains parents, mais pas plus. 

Tous ces enfants étaient également amis avec les propres enfants de Belmonte. Ils jouaient ensemble aux jeux vidéo le mercredi après-midi. Et ce dernier était toujours prêt à s'occuper de tout ce petit monde, à leur faire à manger le mercredi midi, à les emmener se promener, tous ensemble. 

"Un prédateur !"

Confiance des parents ensuite. Des parents qui travaillent beaucoup. "Laurent était toujours disponible" expliquent-ils, pour venir les chercher avant l'entraînement ou même leur rendre à eux toutes sortes de services. Changer un pneu, réparer leur voiture. Et à la question de l'avocat général qui lui demande si elle a le sentiment qu'il avait installé ce climat de confiance uniquement dans le but d'endormir les parents, une maman finit par lâcher le mot : "oui, c'est un prédateur !"

Dans son box, Belmonte lui, semble à peine concerné. Le traitement morphinique qui lui est administré en prison en raison de la polyarthrite dont il souffre lui font pencher la tête en arrière ou fermer souvent les yeux. Ses avocats restent muets, eux aussi. Et on ne peut s'empêcher de penser que quand on défend la thèse du complot, on aurait sans doute intérêt à être un peu plus disert et offensif.

Grâce aux témoignages des uns et des autres, on comprend mieux enfin à l'issue de cette 2e journée d'audience, comment l'affaire a éclaté.

"Vous n'avez rien à vous reprocher !"

A la barre, le grand frère de l'une des fillettes. Un pré-adolescent de 13 ans seulement, mais digne et déjà mature. Il explique à la cour que sa petite sœur lui a raconté ce que Belmonte lui avait fait subir. Il en a alors parlé à une autre fillette, victime elle aussi. Tout semble être parti de là.

Lui aussi fréquentait régulièrement la maison de Belmonte. Il y jouait sur la console vidéo d'un de ses fils, avec qui il était ami. Il explique avoir vu sa petite sœur accompagner celui-ci à l'étage. Mais sans penser que... Le jeune garçon éclate en sanglots, à son tour. Le président de la cour d'assises, Régis Cayrol, le rassure: "vous n'avez aucun reproche à vous faire, vous n'êtes responsable de rien !"

Quand ils ont appris enfin ce qui se passait, les parents ont aussitôt pris le relais, et réagit aussi vite qu'ils ont pu. 

Aujourd'hui, face à la justice, ils font corps. Ils font bloc. Ensemble, assis aux premiers rangs de la salle d'audience, avec à leurs côtés l'épouse de Belmonte, qui n'avait rien vu venir, elle non plus.