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Faits divers – Justice

Aux assises de la Côte-d’Or, la double vie d’un mari accusé du meurtre de sa femme

mardi 21 novembre 2017 à 23:07 Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne

Depuis lundi, un homme de 75 ans est rejugé par la cour d'assises de la Côte-d'Or. Accusé du meurtre de sa femme, il avait été acquitté faute de preuves l'an dernier par les jurés de la cour d'assises de Saône-et-Loire. Le parquet avait fait appel.

Le palais de justice de Dijon
Le palais de justice de Dijon © Radio France - Jacky Page

Dijon

Le matin du 29 mai 2013, Bernard Rousseau avait appelé les secours. Sa femme, Éliane, disait-il, venait de tomber dans l'escalier de leur résidence secondaire à Auxy, près d'Autun. L'enquête et les médecins légistes avaient mis en évidence un meurtre. L'accusé a toujours nié en être l'auteur, ses avocats évoquent la possibilité d'un crime de rôdeur. L'enquête avait révélé la double vie du suspect et ce mardi, les jurés ont pris connaissance du rapport de l'expert psychiatre.

"Une personnalité clivée"

Selon l’expert, il n'y a pas chez l'accusé de pathologie psychotique, pas d'altération du discernement. Mais il a « une personnalité clivée de type pervers. » Le médecin explique qu'une personnalité clivée fonctionne sur le mode du mensonge et de la dissimulation. Bernard Rousseau avait deux vies bien cloisonnées. Celle d'un chef d'entreprise marié et père de famille sans histoire, et celle d'un homme qui avait eu deux enfants de relations extraconjugales et qui draguait des jeunes femmes noires sous le pseudonyme de Roger Royer. Lui affirme ne pas connaître la plupart des femmes qui témoignent de ces agissements.

Selon lui, sa femme était au courant pour les enfants, pour lesquels il versait une pension alimentaire. Elle tolérait son infidélité parce ce que des problèmes de santé ne lui permettaient plus d’avoir des relations sexuelles avec lui. A la barre, l'accusé traite le psychiatre d'énergumène. "il titubait, c'était un pitbull, ça n'était que des cris, il me demandait d'avouer, j'ai écrit au juge d'instruction qu'il était ivre". Un courrier dont on n'a pas trouvé la trace.

L’accusation, elle, s’appuie sur plusieurs arguments, dont l’heure de la mort : compte-tenu de la température du cadavre, l’heure du crime serait bien antérieure à la découverte du corps par le mari d ’Éliane. Lui l’affirme et le répète : il s'est levé à 6h15, est sorti à 6h30 pour aller ratisser de l’herbe dans le jardin, et c’est en rentrant dans la maison à 7h30 qu’il a trouvé le corps de sa femme avant d'appeler les secours un quart d'heure plus tard.

Le témoignage embarrassant d'une voisine

L’accusation compte aussi sur un témoignage clé : peu avant 8 heures, le matin du 29 mai 2013, une voisine qui sortait de chez elle pour faire courir un peu son chien avant de partir à son travail, affirme avoir vu Bernard Rousseau en train de faire quelque chose dans son tas de compost. Problème : c'est là que dans la matinée les enquêteurs ont découvert deux sacs poubelles contenant une literie ensanglantée. Du linge qui appartenait bien à la maison. La victime aurait été tuée dans son lit avant que le corps ne soit déplacé dans l'escalier pour maquiller le crime en accident. A l'heure où sa voisine le voit, l'homme vient d'appeler les secours quelques minutes auparavant, et au loin une sirène annonce l'arrivée des pompiers.

Les avocats de la défense tentent de mettre en doute ce témoignage. Est-elle bien sûre d'avoir reconnu son voisin, est-ce que ça ne pourrait pas être un autre homme ? Non, elle est formelle c'était bien lui. La hauteur de sa haie pouvait-elle lui permettre de bien voir ? oui, elle venait d'être sévèrement taillée, et il y avait même des trous. Mais la brave dame qui avoue être fâchée avec l'évaluation des distances, s'emmêle en estimant la hauteur de sa haie à un mètre, puis 1, 50 mètre, ou peut-être deux mètres. Sa terrasse n’est guère surélevée et le témoin ne mesure qu’1, 65 mètre. Me Bruno Nicolle, pour la défense, regrette que les gendarmes n’aient pris des photos de la haie en question qu’un an plus tard. Ce procès se poursuit jusqu’à son épilogue vendredi.