Faits divers – Justice

Assises de la Côte-d’Or : trop ivre pour se rappeler qu’il a poignardé sa femme à 23 reprises

Par Thomas Nougaillon et Philippe Renaud, France Bleu Bourgogne mercredi 20 janvier 2016 à 17:57

© Maxppp

Jean-Bernard Turpin comparaît depuis ce mercredi devant la cour d’assises de Dijon. Cet homme de 39 ans est accusé d’avoir porté 23 coups de couteau à son ex-compagne en novembre 2013, à Quetigny, dans l’agglomération de Dijon.

Jean-Bernard Turpin a commencé à boire bien avant de rencontrer Béatrice, son ex épouse, poignardée à 23 reprises en novembre 2013 à Quetigny. Jeune adulte, il fait la fête comme nombre de ses amis, mais rien ne laisse présager de telles dérives à venir.

Aîné d’une famille de trois garçons, natif de l’île de La Réunion, l’accusé n’a que très peu connu son père, lui aussi alcoolique, violent et infidèle. Le père de Jean-Bernard Turpin apparaît si violent qu’un de ses enfants, bébé, est mort sous ses coups. C’est à ce moment que la mère de l’accusé extirpe ses enfants, quitte La Réunion et s’installe dans l’agglomération de Dijon.

A Quetigny, elle refait sa vie ; le beau père de Jean-Bernard Turpin s’occupe bien de la fratrie. A cette époque, le petit Jean-Bernard fait du jardinage, repeint les volets de la maison et adore les balades en vélo. Il apparaît comme un jeune sans problème, calme, pas bagarreur, sans soucis. Difficile, encore une fois, à ce moment d’imaginer l'acte de folie de novembre 2013.

Comment cet homme est devenu l’exact opposé de l’enfant qu’il fut ?

Pourquoi buvait-il du pastis en guise de petit déjeuner ? Tout au long de cette première journée d’audience, le tribunal a cherché à comprendre comment cet homme de 39 ans, présenté par ailleurs comme calme, affectueux, travailleur et volontaire, « super » quand il n’a pas bu, a pu commettre un tel crime. Derrière ses petites lunettes, cheveux brun gominés, Jean-Bernard Turpin ne cache pas son alcoolisme, mais il n’a jamais frappé sa femme, ni ses enfants. Il reconnaît son attirance pour la bouteille, les sorties avec les amis d’enfance, mais ce geste, cet acharnement sur Béatrice, ces 23 coups de couteau, il dit ne pas s’en souvenir.