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Faits divers – Justice

Aux Assises de la Haute-Savoie, le témoignage poignant de la maman de la petite Léa : "Je n’ai pas de haine"

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Pays de Savoie, France Bleu

Depuis le début de la semaine, Cédric Mahieu comparait devant les Assises de la Haute-Savoie (Annecy) pour le meurtre, en 2016 à Margencel, de sa fille âgée de 3 ans. Ce mardi, la maman de Léa a pris la parole pour expliquer que sans pouvoir "pardonner l’acte", elle n’éprouvait "ni haine ni colère".

Depuis le début de la semaine, Cédric Mahieu comparait devant les Assises de la Haute-Savoie (Annecy) pour le meurtre, en 2016 à Margencel, de sa fille âgée de 3 ans.
Depuis le début de la semaine, Cédric Mahieu comparait devant les Assises de la Haute-Savoie (Annecy) pour le meurtre, en 2016 à Margencel, de sa fille âgée de 3 ans. © Radio France - Richard Vivion

Haute-Savoie, France

"Aujourd’hui 21 mai, je parle au nom de ma fille." Trois ans, jour pour jour, après le décès de sa petite Léa, Blandine G. a accepté ce mardi de répondre aux questions de la cour d’Assises. "Je n’ai ni haine ni colère", assure la frêle jeune femme de 32 ans. Dans une grande salle d’audience du palais de justice d’Annecy totalement silencieuse, celle qui a repris ses études pour travailler dans le secteur de l’aide sociale explique que ce n’est pas à elle d’établir une peine. "Je fais confiance aux gens qui sont ici", lance-t-elle au président de la cour d’Assises et aux jurés. 

"Léa aimait son papa" 

Durant près d’une heure, la maman de la petite Léa a mis des mots sur son calvaire. Digne, la voix empreinte d’émotion, elle a raconté sa vie de couple compliquée depuis 2012 avec Cédric Mahieu, son ex-mari qui comparait depuis lundi pour le meurtre de Léa. Un compagnon alcoolique, accro au jeu et agressif. "Pourtant, j’ai toujours cru qu’il allait s’en sortir." Un espoir qui s’arrête en juin 2015. "Il rentrait ivre tous les soirs et il m’insultait. Il revenait tellement tard qu’il ne voyait même plus Léa." Blandine G. lance alors la procédure de divorce. "Il fallait que je parte pour protéger ma fille." 

Ce mardi, la jeune femme est également revenue sur les semaines qui ont précédé le meurtre. Il y a eu ces SMS menaçants de Cédric (il lui fait croire que Léa a eu un accident de voiture, "game over pour toi") et cette fois où il a crevé les pneus de sa voiture. "Jamais, je n’aurais pensé qu’il aurait pu lui faire du mal. A moi, oui mais jamais à sa fille." Un peu plus tôt dans la journée, l’accusé avait expliqué avoir agi ainsi parce qu’il avait peur que Blandine lui enlève sa fille. "J'avais la haine contre elle. Je voulais la garder (Léa) pour moi". "Léa aimait son papa, reprend la mère de la petite. Je n’ai jamais voulu l’empêcher de la voir mais avec ses problèmes liés à ses conduites addictives, je voulais que les rencontres se déroulent dans des lieux surveillés." 

"Madame, vous êtes admirable"

Se tournant vers son ex-mari assis dans le box des accusés, Blandine G. explique que si elle ne peut pas "pardonner l’acte", elle espère qu’il arrivera à se soigner. L’émotion gagne l’ensemble de la salle d’audience. Pour la première fois depuis le début du procès, Cédric Mahieu semble touché. "J'ai été un monstre, je dois payer. Léa est toujours dans mon cœur et je te souhaite (Blandine) d’être heureuse." 

Nouveau silence dans la salle d’audience. "Madame, vous êtes admirable", lance le président de la cours d’Assises à Blandine G. "Je suis optimiste pour ma fille. Quand on voit ce que la haine provoque… elle ne sert à rien." A la fin de l’audience, elle a longtemps serré dans ses bras le père de l’accusé. "Quand on voit ce qu'elle a apporté, la haine ne sert à rien", lâche la jeune femme en quittant le palais de justice. 

Le procès de Cédric Mahieu, accusé du meurtre de sa fille de 3 ans et demi en 2016 à Margencel, se poursuit jusqu’à jeudi. Il est passible d’une peine de prison à perpétuité. Ce mardi, plusieurs experts ont émis des doutes sur le scénario du meurtre de la petite Léa. La thèse soutenue par cet homme de 40 ans (il affirme l’avoir noyée dans son bain) ne correspond pas aux traces découvertes sur le visage de l’enfant. Les experts privilégient "la thèse de l’asphyxie". "Quand j’ai découvert la lettre de l’huissier j’ai eu peur que Blandine m’enlève Léa. J’étais en colère contre Blandine. Je n’étais pas dans mon état normal. J’ai appuyé sur sa tête quand elle était dans son bain. C’est ma vérité, j’ai ces images-là dans ma tête", a répété le meurtrier présumé.