Faits divers – Justice

Aux Etats-Unis, un condamné à mort agonise plus de 45 minutes à cause d'une injection ratée

France Bleu mercredi 30 avril 2014 à 12:27

Cette double exécution devait être la première dans l'Oklahoma depuis 80 ans
Cette double exécution devait être la première dans l'Oklahoma depuis 80 ans © MaxPPP

Clayton Lockett, un condamné à mort, a agonisé pendant 43 minutes après que l'injection létale lui a été administrée, mardi soir, dans l'Etat d'Oklahoma, où il s'agissait de la première exécution par injection létale depuis près de 80 ans. Le cocktail de produits, produit pour pallier une pénurie de barbituriques, ne s'est pas avéré efficace.

Il a fallu 43 minutes à Clayton Lockett pour décéder, mardi soir, après une injection létale, aux Etats-Unis. Condamné à mort depuis 2000 pour le viol et le meurtre d'une jeune femme, il devait être exécuté ce mardi. Mais l'intraveineuse a échoué : le porte-parole des prisons, Jerry Massie, a constaté que "les médicaments n'entraient pas dans le système veineux ". 

Une deuxième exécution reportée

Clayton Locket n'est donc pas mort de son injection, mais d'une "crise cardiaque foudroyante ", 43 minutes après le début de l'injection. Entretemps, il a sombré dans un état de souffrance , très agité, prononçant des grognements et des paroles incompréhensibles. "Clayton Lockett a été torturé à mort ", selon l'avocate d'un autre condamné à mort, Charles Warner.

Ce dernier, qui devait être exécuté dans la foulée – pour une première double exécution en près de 80 ans dans l'Etat d'Oklahoma – a vu son exécution reportée de 14 jours. Depuis des semaines, les avocats de ces deux condamnés à mort demandaient à la justice des informations sur le nouveau protocole d'injection létale mis en place. Le dispositif prévoyait un cocktail de trois produits, à savoir un sédatif, un anesthésiant et du chlorure de potassium. 

Les laboratoires américains ne veulent plus fournir de barbituriques

Les Etats américains qui procèdent à des injections létales sont à l'heure actuelle touchés par une pénurie de barbituriques, car les fabricants européens refusent désormais d'en fournir pour des exécutions humaines . Résultat : les autorités font appel à des préparateurs en phramacie pour créer des cocktails qui ne sont plus homologués au niveau fédéral. Madeline Cohen, l'avocate de Charles Warner, a demandé "une autopsie par un praticien indépendant et une transparence totale sur les conclusions ".