Faits divers – Justice

Avalanche dans le massif des Écrins : sept alpinistes décédés, un huitième gravement blessé

Par Virginie Salanson, France Bleu Isère, France Bleu Pays de Savoie et France Bleu mardi 15 septembre 2015 à 13:53 Mis à jour le mercredi 16 septembre 2015 à 6:00

Massif des écrins
Massif des écrins © Max PPP

Sept alpinistes sont morts, emportés par une avalanche dans le massif des Écrins, sur la commune de Pelvoux, dans les Hautes-Alpes. L'avalanche s'est déclenchée ce mardi midi. Une seule alpiniste a survécu, gravement blessée à la jambe.

L'avalanche s'est déclenchée vers midi, mardi à 4.015 mètres d'altitude, au Dôme de neige des Écrins. Ce sommet est très fréquenté par les alpinistes amateurs en raison de sa facilité d'accès cette voie normale d'accès ne nécessite pas de compétence technique. La coulée de neige a emporté huit personnes, seule une a survécu.

Le peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Briançon, a entamé les recherches dès le début de l'après-midi. Les secours ont retrouvé cinq corps dans un premier temps, puis deux autres, appartenant à la même cordée. Le bilan définitif est donc de sept morts.

Une autre alpiniste a été retrouvée gravement blessé à la jambe.

Une seule survivante

Parmi les victimes, quatre Allemands et trois hommes tchèques, tous âgés de 40 à 50 ans. ils étaient répartis en trois cordées différentes et ont été emportés par une coulée de neige. Une huitième alpiniste a survécu, une jeune Allemande de 36 ans, opérée d'une grave fracture à la jambe.

Dominique Létang, directeur de l'Anena

L'avalanche a été repérée par le gardien du refuge des Écrins (3.170 mètres) qui a donné l'alerte. Il s'agit "très certainement d'une plaque à vent", a indiqué le lieutenant-colonel Christian Flagella, commandant du groupement de gendarmerie des Hautes-Alpes. "Les conditions sont hivernales en ce moment", a-t-il précisé. Une plaque à vent est une épaisse couche de neige accumulée par le vent, qui rompt subitement, souvent en raison d'une surcharge de neige. "Il y a eu des chutes de neige importantes ce week-end, notamment en très haute montagne", a précisé Nicolas Colombani, commandant du PGHM de Briançon. La plaque s'est décrochée sur 80 cm à 1 mètre de hauteur, l'avalanche s'étendant sur 250 mètres de long.

Chutes de neige et conditions hivernales

Une analyse partagée par le directeur de l'Anena, l'Association pour l'étude de la neige et des avalanches (basée à Grenoble). Dominique Létang est parti sur place et il explique que "Cet été, les conditions météo ont été favorables pour l'alpiniste" , mais ajoute "il faut se méfier  : à l'automne, les conditions deviennent vite hivernales".

Le préfet des Hautes-Alpes s'est rendu sur les lieux du drame dans la journée. Le parquet de Gap a ouvert une enquête préliminaire pour homicide involontaire, en vue de déterminer les circonstances exactes du drame.

Ce drame endeuille un peu plus les Hautes-Alpes, déjà touchées par deux avalanches meurtrières cette année. Le 1er avril, une avalanche avait coûté la vie à deux skieurs autrichiens de 22 et 23 ans et à un Italien de 24 ans au Col Émile Pic à Pelvoux (Hautes-Alpes). Un troisième Autrichien avait été grièvement blessé. Le 24 janvier, quatre hommes et deux femmes, tous Français et âgés de 58 à 73 ans, partis pour une randonnée à ski dans le Queyras (Hautes-Alpes), avaient été victimes d'une importante coulée de neige. Leurs corps avaient été retrouvés dans le vallon de Bachas, à 2.500 mètres d'altitude.