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Faits divers – Justice

Bagarre à Orly : les rappeurs Booba et Kaaris jugés ce jeudi

jeudi 6 septembre 2018 à 10:47 - Mis à jour le jeudi 6 septembre 2018 à 16:59 Par Géraldine Houdayer, France Bleu Paris et France Bleu

Après la rixe qui avait opposé les deux rappeurs et leurs clans respectifs début août à l'aéroport d'Orly, Booba et Kaaris, les deux frères ennemis du rap, sont jugés ce jeudi après-midi à Créteil. Ils comparaissent libres, après avoir effectué trois semaines de prison en août.

Les deux rappeurs Booba (à gauche) et Kaaris.
Les deux rappeurs Booba (à gauche) et Kaaris. © AFP - Dominique FAGET, Loïc VENANCE

Leur bataille rangée avait transformé un hall de l'aéroport d'Orly en arène début août, et retardé plusieurs vols. Booba et Kaaris, les ennemis jurés du rap français, sont ce jeudi à Créteil pour une rixe qui leur a déjà valu trois semaines de prison.

Libérés fin août, ils comparaissent devant le tribunal correctionnel qui avait ordonné leur placement en détention provisoire. Neuf membres de leurs clans respectifs impliqués dans la rixe sont également poursuivis pour violences aggravées et vols en réunion. Tous risquent jusqu'à 10 ans de prison.

Le procès a dû être interrompu à deux reprises en début d'après-midi, à cause d'un interprète manquant. Puis il a été à nouveau interrompu vers 16h45, pour que le tribunal examine les requêtes des avocats de rappeurs, qui demandent la nullité de la procédure.

Booba promet un "comportement irréprochable" 

Depuis leur libération, Booba, de son vrai nom Elie Yaffa, et Okou Gnakouri, alias Kaaris, ont versé chacun une caution de 30.000 euros, ont interdiction de quitter la France et se tiennent à carreau. Star du rap hexagonal, Booba a promis un comportement "irréprochable". Installé à Miami, l'autoproclamé "duc de Boulogne", 41 ans, n'a pas revu ses deux enfants depuis début août. Et connaît le prix de la prison : il y a passé 18 mois à la fin des années 90, pour avoir braqué un chauffeur de taxi.

Kaaris s'affiche désormais en père de famille 

De son côté, Kaaris a vécu sa détention provisoire comme "une injustice", explique à l'AFP son avocat David-Olivier Kaminski. À 38 ans, le rappeur de Sevran (Seine-Saint-Denis) soigne désormais son image de père de famille, en s'affichant avec sa fille de deux ans sur Instagram. Dans une vidéo, il explique même à sa fille être allé "en thalasso" et lui raconte son séjour en prison, évoquant des rats et le fait qu'il ne pouvait jamais "voir le ciel".

A Orly, ils se croisent par "pure coïncidence"

Face aux enquêteurs, les deux anciens complices devenus rivaux avaient joué la carte de la "légitime défense" pour justifier leur coup de sang du 1er août. Ce jour-là ils, doivent prendre le même avion pour Barcelone : ils sont chacun attendus sur scène le soir même, dans deux clubs séparés de seulement quelques mètres - une pure coïncidence, selon les deux camps. Mais dans la salle d'embarquement, la haine ressassée entre les deux rappeurs explose. Depuis plusieurs années, les deux hommes, qui avaient collaboré en 2012 sur le titre "Kalash" s'invectivent sur les réseaux sociaux et par vidéos interposées.

Plus de 50.000 euros de préjudice, des vols retardés 

A sept contre quatre, le clan Booba affronte celui de Kaaris, au milieu de passagers éberlués. La boutique de duty free à proximité sert de réservoir à projectiles. Bilan : quelques blessés légers, plusieurs vols retardés et plus de 50.000 euros de préjudice. Aéroports de Paris, Air France et le propriétaire de la boutique ont porté plainte. 

Coups contre insultes : deux versions s'affrontent

Selon la police, la vidéosurveillance de l'aéroport montre que Booba a porté le premier coup. Mais en garde à vue, le rappeur a assuré avoir reçu un projectile alors qu'il tentait de "contourner" Kaaris. "Ensuite, c'est parti", a-t-il expliqué aux enquêteurs. 

Kaaris a, lui, rapporté des insultes, qui le visaient lui, sa femme et sa fille et auraient précédé les coups. "Sa version est confortée par les éléments matériels du dossier", estime son avocat. "Sur la légitime défense, je pense qu'on rentre dans les critères de la loi".