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CARTE - Canicule : Météo France maintient 15 départements en vigilance rouge et 51 en orange

Nouvelle polémique à Reims après une bagarre entre jeunes à coups de marteau

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Par , France Bleu Champagne-Ardenne

Après la violente bagarre ce jeudi opposant des jeunes de différents quartiers rémois à coups de marteau, les patrouilles de la police nationale seront renforcées ce weekend. Le maire Arnaud Robinet reconnaît la responsabilité de la ville mais pointe aussi celles du gouvernement et des parents.

Une réunion à la sous-préfecture de Reims après une violente bagarre entre jeunes dans les rues de la ville
Une réunion à la sous-préfecture de Reims après une violente bagarre entre jeunes dans les rues de la ville © Radio France - Maureen Suignard

C'est une réunion exceptionnelle qui s'est déroulée ce vendredi matin à la sous-préfecture de Reims. Une réunion entre le procureur, le représentant de la direction centrale de la Sécurité publique, le directeur de la police municipale et le maire de la ville Arnaud Robinet, au lendemain d'une nouvelle bagarre entre jeunes. Cette fois, deux adolescents de moins de 15 ans se sont affrontés place du théâtre à coups de marteau, l'un d'entre eux a été gravement blessé mais son pronostic vital n'est plus engagé

À l'issue d'une heure et demie de réunion, il a été décidé de renforcer les patrouilles de police nationale, au moins le temps de l'enquête, quartier Croix-Rouge, Orgeval et dans l'hyper-centre. La police municipale sera également en renfort de ce dispositif. Le DDSP indique également que des suspects ont pu être identifiés grâce à la vidéosurveillance

"La ville a sa part de responsabilité mais j'en appelle à celle de l'Etat et des parents" Arnaud Robinet, maire de Reims

"Je rappelle que la sécurité est une chaîne. Il y a la responsabilité de la ville, de l'Etat, mais également des bailleurs sociaux et bien sûr de la justice," insiste le maire de la ville Arnaud Robinet qui s'exprime après cette réunion de crise en sous-préfecture. Si Arnaud Robinet reconnaît la responsabilité de la mairie, il estime que cette violence des plus jeunes se développe dans d'autres villes de France et demande _"_une prise de conscience également au niveau national et de la part du gouvernement pour accompagner les maires en terme de sécurité", avant de rappeler que "la sécurité est une mission régalienne de l'Etat. La ville ou les municipalités ont à leur charge la police municipale qui n'a pas les mêmes compétences et prérogatives que la police nationale, à ce moment là que l'on donne plus de pouvoirs aux maires et aux policiers municipaux !" réagit l'élu.

Le maire, candidat à sa propre succession aux prochaines élections municipales le 15 et 22 mars prochain demande une vigilance accrue des familles :"J'en appelle à la responsabilité des parents. On ne peut accepter que des enfants de 13 ou 14 ans se baladent dans les rues de notre ville avec des marteaux et donc les parents ont une part de responsabilité. Il faut aussi briser cette omerta dans certains secteurs de la ville. Vous savez, _ce côté victimisation a aussi ses limites._"

Le maire se défend d'avoir délaissé certains quartiers de la ville et de ne pas avoir fait assez de prévention. _"La prévention, elle existe à Reims. Le contrat de ville c'est plus de trois millions d'euros chaque année à destination des quartiers dits prioritaires en partenariat avec l'Etat où nous accompagnons les maisons de quartiers et elles ne sont pas seules, il y a aussi différentes associations locales et nationales qui agissent en terme de prévention. J'ai du mal à entendre que nos quartiers ou certains secteurs sont abandonnés, ce n'est pas le cas",_ se défend Arnaud Robinet.

Le collectif des mamans d'Orgeval et l'opposition demandent plus d'actions de prévention à la mairie

La première réaction à cette nouvelle bagarre et à ce renforcement des patrouilles vient du collectif des mamans d'Orgeval, déjà mobilisé depuis plusieurs semaines et la multiplication de ces bagarres entre jeunes d'Orgeval et de Croix Rouge.

Le collectif, qui a été reçu par le maire après une marche contre la violence le 1er février dernier, espère que l'attention de la mairie sur ces questions se maintiendra au delà des élections municipales et qu'elle ne soit pas que ponctuelle, qu'en cas de flambée de violence. 

"Les parents démissionnaires ne sont qu'une infime partie des parents des quartiers. Il faut une police de proximité, il faut plus d'humain dans les quartiers et il faut de l'accompagnement auprès des parents et des adolescents. Il faut mettre tous les acteurs autour de cette problématique. Oui il y a à Reims des quartiers abandonnés," affirme Lila du collectif des mamans d'Orgeval, monté après la série de bagarres à Reims. "Il faut réagir, stop à l'insécurité. Les habitants ne demandent qu'à vivre en paix et en sérénité dans leur quartier", ajoute la mère de famille. 

Les quartiers n'ont plus de lieux de vie collectifs. Il existe toute une population livrée à elle même" Gérard Chemla, candidat la République en Marche à la mairie de Reims.

Plus d'humain, c'est justement ce que demande le candidat La République en Marche à la mairie de Reims Gérard Chemla. Le candidat soutenu par la majorité gouvernementale pointe du doigt la fin de la police de proximité sous le mandat de Nicolas Sarkozy en 2003. Cette dernière avait été lancée par le Premier ministre Lionel Jospin en 1998. "J'ai déjà eu l'occasion de dire que je voulais mettre en place des maires de quartiers, que ces maires aient à coté d'eux une force de police municipale, mais aussi de mettre en place des gardiens dans chaque immeuble, non pas pour faire de la répression mais de la prévention, pour être au courant de ce qu'il se passe. _Si on commence à remettre un peu d'humain dans les quartiers on aura commencé à faire quelque chose,_" considère l'avocat qui brigue la mairie.

Sans rejeter une possible responsabilité des parents de ces jeunes violents, Gérard Chemla met en avant la nécessité d'un travail de long terme et de prévention. "Les quartiers n'ont plus de lieux de vie collectifs. Il existe toute une population livrée à elle même. Il faut travailler avec les parents sur leur rôle et leur responsabilité, pour comprendre ce qui pousse les jeunes à de tels actes de violence. Mais ce n'est pas tout. Le désengagement sur la prévention est quasiment général. Dire que l'on n'a pas abandonné les quartiers parce qu'on a mis de l'argent c'est juste une fausse réponse à une vraie question. Les maisons de quartier ne feront pas l'éducation des parents, elles n'occupent pas les adolescents ou extrêmement peu. Il faut remettre de l'humain dans ces quartiers, c'est un travail de long terme et dont les effets ne se ressentent pas après un seul mandat." Il soutient également une densification des patrouilles  de police et estime qu'elles ne doivent pas être ponctuelles. 

"La situation est grave" selon le candidat Eric Quénard

Sur sa page Facebook Eric Quénard, le candidat de la liste de gauche Faisons respirer Reims (PS, PC, DVG, écologistes) réagit " Ça suffit ! Cette violence est intolérable." Dans un communiqué diffusé ce weekend il demande également à Arnaud Robinet de "reconnaître ses échecs". Selon lui le maire de la ville reporte la faute sur l'Etat, les bailleurs, et la précédente majorité municipale. "Le désengagement de l’action publique dans les quartiers, le sentiment d’abandon ressenti par les habitants, la suppression des médiateurs de quartier, la concentration des principaux investissements de la ville sur l’hyper centre-ville ont contribué à cette situation" ajoute le candidat à la mairie. Ce dernier promet une série de propositions présentée cette semaine. 

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