Faits divers – Justice

Bagarre entre taxis et chauffeur Uber à Bordeaux : le conducteur UberPop témoigne

Par Yassine Khelfa M'Sabah, France Bleu Gironde lundi 27 avril 2015 à 20:15 Mis à jour le mardi 28 avril 2015 à 18:09

Manifestation des taxis contre Uber ce mardi 10 février à Bordeaux
Manifestation des taxis contre Uber ce mardi 10 février à Bordeaux © Radio France - Véronique Sapet

Dans un climat déjà très tendu, deux chauffeurs de taxi et un conducteur de VTC en sont venus aux mains ce lundi. Les services de Uber sont pourtant interdits en Gironde par arrêté préfectoral depuis deux mois.

Ce lundi, à Bordeaux, deux chauffeurs de taxis et un conducteur du service UberPOP en sont venus aux mains. Des coups de barre de fe r ont même été donnés. Le conducteur particulier s'est vu préconiser une interruption de temps de travail (ITT) de huit jours, un des deux taxis une ITT de deux jours.

Le conducteur Uber témoigne

Joint par téléphone un jour après les faits, le conducteur ne nie pas avoir donner des coups, mais explique s'être défendu après avoir été menacé par un pistolet lacrymogène.

"Un des taxis m'a vidé son pistolet lacrymogène dans la tronche"

Les trois hommes comparaitront le le 11 septembre  devant le tribunal correctionnel de Bordeaux pour "violences croisées avec arme par destination".

Une guerre ouverte et des décisions non respectées

UberPop est l'application mobile qui met en relation des particuliers et des conducteurs non-professionnels. L'activité est surtout visée par la loi Thévenoud du 1er octobre 2014 qui a renforcé les sanctions mais n'est pas encore applicable. La société de véhicules de tourisme avec chauffeur Uber a déjà été condamnée en correctionnelle à 100.000 euros d'amende. Cependant, elle a fait appel et continue à proposer son application mobile. 

En février, apres plusieurs manifestations des taxis à Bordeaux, le préfet de la Gironde a même interdit toute activité de Uber dans le département. Une délégation de taxis sera de nouvau reçue en préfecture à Bordeaux ce jeudi.

"Le nombre de taxis clandestins se multiplient à Bordeaux malgré l'interdiction. Il y a des incidents quotidiennement. Il faut que les autorités fassent respecter la loi". — Robert Bérard-Karna, président du syndicat des taxis en Gironde

"L'arrêté du préfet de Gironde et la loi ne sont pas respectés"

Le directeur général d'Uber France, Alexandre Molla, avait en février accusé les taxis bordelais de s'en prendre aux conducteurs UberPop, évoquant des "intimidations" et des "voitures rayées".  

Au niveau national, syndicats et fédérations patronales de taxis ont annoncé la semaine dernière leur souhait d'attaquer l'Etat par le lancement prochain d'une "procédure contre l'Urssaf et les services fiscaux pour complicité d'organisation de travail illégal". Selon eux, le service UberPOP est du "travail dissimulé".