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Faits divers – Justice DOSSIER : Procès Jacques Rançon

Bataille d’experts autour de la personnalité de Jacques Rançon

mardi 6 mars 2018 à 13:47 Par François David, France Bleu Roussillon et France Bleu

Deux psychiatres, deux analyses contradictoires. Les experts qui sont intervenus ce mardi matin devant les assises des Pyrénées-Orientales offrent un éclairage différent sur la personnalité de Jacques Rançon, le "tueur de la gare".

© Radio France - François DAVID

Perpignan, France

Comme le résume le président de la Cour d’assises à l’issue de l’intervention des deux experts-psychiatres, « la médecine n’est pas une science, c’est un art ». Autrement dit, tout y est question d’interprétation…

Le premier à intervenir, le docteur Roger Franck décrit Jacques Rançon comme un individu « présentant des signes de déviance perverse et sadique, mais sans aucune pathologie d’ordre psychiatrique ».Pas de phobie, pas de névrose, pas de trouble obsessionnel ou mental. « Il est totalement responsable de ses actes, sans aucune altération de son discernement ».

Responsable ou pas ?

Autre son de cloche avec le docteur Pierre-André Delpla : « Dire que cet homme est totalement responsable est une hérésie ! C’est un psychopathe sévère, chez qui le discernement et le contrôle des actes est défaillant ». 

La nuance d’interprétation entre les deux experts-psychiatre est de taille. S’il était retenu que le discernement de Jacques Rançon était altéré lors de ses passages à l’acte, la peine encourue serait moins lourde. 

« Pas un cerveau normal » selon le Dr Delpla

Comme son collègue, Pierre André Delpla concède que Jacques Rançon ne présente aucune maladie mentale, qu’il n’est pas schizophrène, et qu’il bénéficie « d’une intelligence normale ». Pour faire simple, Jacques Rançon n’est ni un débile, ni un fou.

« Et pourtant, je soutiens que le cerveau de Jacques Rançon n’est pas un cerveau normal », martèle le Docteur Delpla, en évoquant « un développement psychique incomplet, une absence de règles morales et d’interdits ».  Et l’expert d’imaginer ce qu’il se passe dans la tête de Jacques Rançon : « Quand j’ai envie de sexe, je le prends. Comme un enfant avec un jouet. Et quand le jouet réagit mal, je le casse ».

Faut-il croire les experts ?

Bref, l’intervention des deux experts, censée éclairer la Cour, laisse presque autant de questions que de réponses. « Comme souvent », soupire Maître Etienne Nicolau, l’avocat des parties civiles. 

Il n’est pas inutile de rappeler qu’en 1992, d’autres experts avaient examiné Jacques Rançon après son premier viol dans la Somme : ils l’avaient décrit comme un individu « curable et ré-adaptable » et « considéré comme non dangereux ». Cinq jours seulement après sa sortie de prison, il commettait son premier crime à Perpignan.