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CARTE - Météo France maintient 13 départements en vigilance rouge canicule, les orages arrivent par l'ouest

Bayonne : une marche blanche "pour dire stop ! Arrêtez ces massacres" demande la femme de Philippe Monguillot

Alors que quatre hommes ont été mis en examen ce mardi 7 juillet, dont deux pour tentative d'homicide volontaire, une marche blanche est organisée ce mercredi à Bayonne en soutien à Philippe Monguillot, le conducteur de trambus agressé et à sa famille. Sa femme, Véronique nous confie ses attentes.

Des fleurs ont été accrochées à l'arrêt du trambus où Philippe Monguillot a été agressé dimanche 5 juillet. Il sera le point de départ d'une marche blanche
Des fleurs ont été accrochées à l'arrêt du trambus où Philippe Monguillot a été agressé dimanche 5 juillet. Il sera le point de départ d'une marche blanche © Maxppp - Jean-Daniel Chopin / Sud-Ouest

Lorsqu'un responsable de la Ville de Bayonne l'a appelé, tôt ce mardi 7 juillet, pour lui parlé de la volonté d'organiser une marche blanche en hommage à son mari, Véronique Monguillot n'a pas hésité à donner son aval. Si le coeur de Philippe bat toujours, sa femme ne se fait guère d'illusion. Elle espère voir dans cette manifestation tout l'amour porté à son époux, mais aussi une solidarité "pour dire stop ! Que ces massacres cessent." Elle s'est confiée à France Bleu Pays Basque.

Au chevet de son mari

Véronique Monguillot, entourée de ses trois filles, n'a pas le temps de s’apitoyer sur son sort. Trop affairée, dit-elle, à s'occuper de Philippe. "Il n'est pas encore parti, même si on sait que c'est une question de quelques heures. Je le sais pertinemment. Son état n'a pas évolué dans le bon sens, au contraire. Au bout d'un moment, il ne faut plus s'acharner."

Véronique continue tout de même de susurrer à l'oreille de son mari sur son lit d'hôpital, au service de réanimation du centre hospitalier de Bayonne. "Pour le moment, la priorité, c'est de garder Philippe près de moi, malgré tout." Ce mercredi, elle veut lui annoncer que sa benjamine a eu le bac et son permis. Elle sait aussi que les médecins peuvent lui annoncer la mauvaise nouvelle. 

Marche blanche à 19h30

Selon les premiers éléments de l'enquête, Philippe Monguillot, 58 ans, conducteur de bus expérimenté qui devait prendre sa retraite dans moins d'un an, a été violemment frappé à la tête, à coups de poings et de pieds, par deux hommes dimanche soir, vers 19h15, à l'arrêt Balishon. Le motif ? Selon le parquet de Bayonne, il a demandé son titre de transport à un homme qui venait de monter à l'arrière, et a exigé que lui, et les trois personnes qu'il venait de rejoindre, mettent leur masque comme exigé dans les transports publics. 

L'émotion est vive dans cette agglomération bayonnaise de seulement 120.000 habitants, hors période estivale, qui se croyait à l'abri. Les messages de soutien afflux. Beaucoup promettent de venir ce mercredi pour participer à la marche blanche qui partira de l'arrêt Balishon, lieu du drame, pour cheminer jusqu'à l'hôpital. Le rendez-vous est fixé à 19h30.

"On prend de notre tristesse pour dire stop"

"Cette marche pour moi c'est important, dit Véronique, pour se rendre vraiment compte, même si je le sais déjà depuis longtemps, à quel point Philippe est aimé, apprécié. C'est pour lui qu'une partie du centre-ville sera bloqué".

Elle veut aussi y voir un message. "C'est pour dire surtout non, on ne fait plus jamais ce genre de chose, ce genre de catastrophe. C'est cela que je veux que l'on retienne. On est là, on prend de notre temps, de notre tristesse pour montrer qu'on est solidaires les uns des autres et pour dire stop ! Arrêtez ces massacres !"

"Il est massacré"

Le mot reflète la pensée de l'épouse du conducteur laissé inanimé sur le quai du trambus par ses agresseurs : "Mon mari, il est massacré, il a la tête qui est massacrée. On l'a vu avec mes filles... Pour moi il est massacré, il n'y a pas d'autres mots."

Véronique parle de son mari avec admiration. "C'est quelqu'un de très droit, très juste. Il a des valeurs. Par contre, il ne supporte pas les gens irrespectueux, qui vous prennent pour un moins que rien. Quand on monte dans un bus, qu'on ne dit pas bonjour et que l'on regarde le chauffeur de travers en faisant de la provocation, il ne supporte pas. Et pourtant, il aime son travail."

"Il a appliqué les règles, il a trouvé la mort"

Et c'est justement en faisant son travail, peut-être trop bien, que sa vie a basculé dans l'horreur. "On lui a demandé d'appliquer les règles, il a appliqué les règles, seulement il a trouvé la mort au bout. Un chauffeur c'est un chauffeur, ce n'est pas un agent de sécurité."

Au cours de l'entretien, on apprend à Véronique Monguillot que quatre personnes sont mises en examen, dont deux pour tentative d'homicide volontaire. "Ça me rassure. C'est très important. Maintenant, il faut que la justice passe."

Elle se dit prête à œuvrer pour que les agresseurs soient punis. Elle l'a promis à son mari. "Je vais le faire, c'est évident, je ne peux pas faire autrement, j'ai une volonté féroce. Je vais prendre un bon avocat. Je veux que ces gens là paient le maximum. Ils nous ont détruits. Ils ont détruit Philippe, ils ont détruit la vie de mes enfants et la mienne (...) On ne peut pas accepter cela."

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