Faits divers – Justice

Béarn : des frères et sœurs placés par la justice pour violences et délaissement de la part de leurs parents

Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn et France Bleu vendredi 7 octobre 2016 à 17:09

Le palais de justice de Pau
Le palais de justice de Pau © Radio France - Olivier Uguen

Cette affaire dépasse de loin ce que l'on a l'habitude de constater en Béarn. Une fratrie en détresse face à la violence et au délaissement de la part des parents. C'est l'Education nationale qui a signalé à la justice ce cas, hors du commun chez nous, il y a une semaine.

La justice a interpellé les parents d'une famille très nombreuse en Béarn ce jeudi. Pour protéger les enfants, on ne donnera pas le nom de leur commune, ni le nombre de frères et sœurs. Les parents font l'objet d'une enquête pour violences sur mineurs et délaissement de mineurs. Les plus grands ont raconté leurs conditions de vie à des enseignants de leur collège. Le signalement a été donné dès vendredi, le 1er octobre, et le parquet a organisé l'interpellation en même temps que le placement des enfants. Ces enfants ont de deux à 16 ans. Les parents sont âgés de 36 et 34 ans.

Des tentes dans le jardin

Une chose illustre la situation de détresse de ces enfants. Quatre d'entre eux dormaient sous des tentes dans le jardin, invisibles de l'extérieur. L’intérieur de la maison est "une porcherie" ; c'est le terme employé par le parquet. Les enfants ont décrit des scènes de violences régulières de la part du père, sur fond d'alcool. Et puis le parquet soupçonne aussi des manques de soin et de nourriture. Les enfants racontent que les parents s'absentent souvent, et c'est l’aînée des filles qui fait à manger tant bien que mal.

Les services sociaux n'ont jamais vu ça

Avant de procéder à l'interpellation des parents, il a fallu anticiper ces mesures de placement. Les travailleurs sociaux du département n'ont jamais eu à placer autant de frères et sœurs en même temps. Les deux plus petites sont dans la même famille d'accueil. Les plus grands dans des foyers. Cette famille était suivie et connue des services sociaux, mais le travailleur social prévenait de ses visites et les parents s'organisaient pour sauver les apparences.

Evaluer l'étendue des dégâts

Le père, en garde à vue, reconnait les faits et explique qu'il ne se rendait pas compte de leur gravité. La mère est entendue en audition libre par les enquêteurs. Par ailleurs, un médecin expert va examiner tous les enfants pour évaluer les violences qu'ils ont endurées, et leur état de santé.

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