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Faits divers – Justice

Béatification des Moines de Tibéhirine ce samedi : qui étaient-ils ?

vendredi 7 décembre 2018 à 3:14 Par David Meilhac et Nathalie Rodrigues, France Bleu Drôme Ardèche et France Bleu

19 religieux catholiques tués en Algérie dans les années 90 seront béatifiés ce samedi à Oran en Algérie. Parmi eux, les Drômois Frère Christophe et Frère Luc.

Messe organisée à Alger en 2006, en hommage aux Moines de Tibéhirine
Messe organisée à Alger en 2006, en hommage aux Moines de Tibéhirine © Maxppp -

Aiguebelle, Taulignan, France

C'est une cérémonie qui aura samedi une résonance particulière chez nous, dans la Drôme. L'Eglise procédera à Oran à la béatification de 19 religieux catholiques, tués en Algérie dans les années 90. Parmi ces 19 martyrs, certains ont des liens étroits avec la Drôme. Au premier rang desquels bien sûr les moines de Tibéhirine.

Taulignan, mère-patrie

La maison-mère du monastère de Tibéhirine en Algérie, c'est l'Abbaye d'Aiguebelle près de Montélimar. Les sept moines de Tibéhirine assassinés en Algérie en 1996 sont presque tous passés, plus ou moins longtemps, dans la Drôme. Père Christian par exemple, le prieur de la communauté, a passé plus d'une année à Aiguebelle au tout début de son engagement. Deux des sept moines sont plus intimement rattachés à la Drôme : le plus jeune et le plus âgé. 

Des enfants du pays

Frère Christophe, Christophe Lebreton, a toujours de la famille à Ancône, près de Montélimar. Entré à l'Abbaye de Tamié en Savoie dans les années 70, il part en Algérie en 1987. A Tibéhirine, il est surtout en charge de l'exploitation des terres, du jardinage. Chaque frère avait sa tâche. Frère christophe est mort à 45 ans.

Peinture de Frère Christophe, l'un des 19 moines de Tibéhirine assassinés - Maxppp
Peinture de Frère Christophe, l'un des 19 moines de Tibéhirine assassinés © Maxppp -

Frère Luc lui, de son vrai nom Paul Dochier, est né à Bourg-de-Péage en 1914. Il entre à Aiguebelle en 1941, part prendre la place d'un prisonnier dans un camp en Allemagne pendant la seconde guerre mondiale. Puis, il part en Algérie en 1946. Il est médecin. A Tibéhirine, il s'occupe du dispensaire. Il soigne les habitants du village voisin. Il y a une vraie communion, un vrai vivre-ensemble, entre le monastère de Tibéhirine et les habitants voisins, entre chrétiens et musulmans. Frère luc est tué à l'âge de 82 ans.

Le portrait de Frère Luc, né à Bourg-de-Péage - Maxppp
Le portrait de Frère Luc, né à Bourg-de-Péage © Maxppp -

Une enquête toujours pas close

Une enquête est toujours en cours. Les 19 moines ont été enlevés en mars 1996. Deux mois plus tard, le GIA, le Groupe Islamique Armé, annonce avoir tranché leur gorge. Les têtes des moines sont retrouvées, mais pas les corps. Cette thèse officielle, celle du crime islamiste, est remise en cause depuis des années. D'autres versions parlent d'une bavure de l'armée algérienne ou d'une manipulation des services secrets algériens pour discréditer les islamistes. Les moines se savaient menacés. Ils sont néanmoins restés sur place, auprès de leur voisins algériens qui souffraient eux aussi de cette guerre civile. C'est ce geste de martyr qui est salué par leur béatification.

D'autres béatifiés sont en rapport avec nous.

Le frère mariste Henri Vergès a été directeur de l'école primaire des maristes à Bourg-de-Péage entre 1966 et 1967. L'établissement qui accueille 1250 élèves du primaire à la troisième a une salle qui porte son nom. Il a fait partie de la communauté des frères maristes de Saint-Paul-Trois-Châteaux. Il animait une bibliothèque de l'archevêché à la Casbah d'Alger quand il a été assassiné en 1994. Le GIA a revendiqué ce geste.

Des Drômois font le déplacement

Samedi, la soeur de Frère Christophe qui habite Ancône sera à Oran pour l'événement. Le supérieur d'Aiguebelle, Père Georges Delomier, y sera aussi. Frère Luc a un neveu à Paris qui part en Algérie avec ses enfants et petits enfants. 

En parallèle de la cérémonie à Oran, une messe se tiendra à Bourg-de-Péage, en l'Eglise Sainte-Marie samedi à 10h30. L'abbaye d'Aiguebelle organise toute une journée autour de cette béatification le dimanche 16 décembre. L'évêque d'Oran fera le déplacement en Drôme pour l'occasion.