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Faits divers – Justice

Bébé décédé à l'hôpital de Sarreguemines : deux ans de prison avec sursis requis contre la pédiatre

lundi 6 mars 2017 à 20:38 Par Rachel Noël, France Bleu Lorraine Nord

Le procureur de Sarreguemines a demandé lundi deux ans de prison avec sursis à l'encontre de la pédiatre poursuivie pour homicide involontaire sur un nourrisson de 10 mois. En 2013, l'enfant était mort d'une occlusion intestinale, alors que le médecin avait diagnostiqué une gastro entérite

Le procureur de Sarreguemines réclame deux ans de prison avec sursis à l'encontre de la pédiatre des urgences.
Le procureur de Sarreguemines réclame deux ans de prison avec sursis à l'encontre de la pédiatre des urgences. © Radio France - Rachel Noel

Sarreguemines, France

Le 29 janvier 2013, Mayeul, un bébé de 10 mois est pris de vomissements sévères. Quand les parents arrivent à l'hôpital, ils signalent donc immédiatement les antécédents de l'enfant. Les radios prescrites à 10h du matin ne seront pas effectuées avant le soir. Quand les examens sont pratiqués, il est déjà trop tard. L’enfant meurt à 4h20 du matin.

C'est ce drame qui était jugé lundi 6 mars devant le tribunal correctionnel de Sarreguemines. La pédiatre qui a examiné l'enfant comparaissait pour homicide involontaire. Deux ans de prison avec sursis ont été requis à son encontre, ainsi qu'une interdiction d'exercer de cinq ans. Le jugement sera rendu le 20 mars.

La prise en charge a été lamentable – Laetitia, la maman de Mayeul

La souffrance et l'émotion envahissent le tribunal, quand Laetitia la maman de Mayeul, prend la parole. Elle dit d'une traite en 10 minutes sa douleur et sa colère. Elle raconte comment elle a attendu, durant des heures, des analyses qui n'arriveront jamais. La pédiatre a inscrit la mention « non-urgent » sur la prescription.

Laetitia et Yannick, les parents de Mayeul dénoncent une prise en charge lamentable - Radio France
Laetitia et Yannick, les parents de Mayeul dénoncent une prise en charge lamentable © Radio France - Rachel Noel

Je me suis trompée... sûrement" - la pédiatre

A la barre, le médecin qui était la pédiatre responsable du service des urgences de l'hôpital Robert Pax de Sarreguemines ce jour-là, tente de se justifier. Elle reconnait à demi-mot qu'elle s'est sans doute trompée. Elle aurait dû demander ces analyses rapidement, mais elle pensait qu’il fallait réhydrater l’enfant avant. Son avocat note aussi que l'ARS, l'agence régionale de santé, ne parle pas de faute caractérisée.

Le procureur lui parle d'une double erreur : "En inscrivant la mention non urgent sur les analyses, vous avez quasiment signé l'arrêt de mort de cet enfant."

Cinq heures sans être examiné par un médecin

Après cela, l’enfant est envoyé en pédiatrie, mais ne verra aucun médecin, uniquement des internes. Et même si son état s’aggrave, personne ne l’examine, se fiant au premier diagnostic. Vers 17h30, quand un médecin du service de pédiatrie examine l’enfant, son état s’est aggravé. Le praticien appelle des équipes médicales de Nancy qui arrivent vers minuit. L'enfant meurt vers 4 heures du matin, dans l'ambulance qui le transportait vers le CHU de Nancy.