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Bébé jeté dans la Garonne à Bordeaux : 25 ans de prison requis contre le père

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Par , France Bleu Gironde, France Bleu

Après 3 jours d'audience, la cour d'assises de la Gironde est partie délibérer. 25 ans de prison ont été requis contre le père de 33 ans accusé de meurtre. Durant l'audience, il n'a jamais raconté ce qui s'est passé ce soir du 11 novembre 2014 où il a jeté son bébé de 4 mois dans la Garonne.

25 ans de prison ont été requis contre l'accusé
25 ans de prison ont été requis contre l'accusé © Radio France - Stéphanie Brossard

Au terme de 3 jours de débats parfois éprouvants, la cour d'assises de la Gironde s'est retirée pour délibérer sur le sort de ce père de 33 ans accusé de meurtre, d'avoir jeté son fils Aaron, 4 mois, dans la Garonne depuis les quais de Bordeaux, le 11 novembre 2014. Une peine de prison de 25 ans a été réclamée par le Ministère Public, ainsi que l'interdiction définitive de territoire (l'accusé Togolais n'a pas de titre de séjour). Durant l'audience, l'accusé n'aura jamais reconnu avoir tué son bébé.

►►► Le témoignage poignant de la maman devant la cour d'assises de la Gironde

Les derniers mots de l'accusé

Durant toute l'audience, il a répété : "je ne sais pas. Je me demande chaque jour si je l'ai jeté". Et pour la dernière occasion, que son procès lui a offert de s'exprimer avant le jugement, cet homme de 33 ans n'a pas plus avoué. "Je n'ai pas de haine ni de rancœur. Je lui dis pardon à elle et aux enfants (les trois aînés de son ex-compagne) que j'ai pris comme les miens. Elle est toujours dans mon cœur. Qu'elle prenne soin de sa vie et de ses enfants".

►►► "La seule personne qui sait dans ce procès, c'est vous!"

25 ans requis : "la vengeance d'un homme"

Un peu plus tôt, dans ses réquisitions, l'avocat général avait exprimé des regrets, dans cette affaire, "à la fois exceptionnelle" (par le geste, un père qui tue son enfant en le jetant dans la Garonne) "et banale" par cet accusé qui ne veut pas dire la vérité, l'avouer aux autres et se l'avouer à lui-même. "J'aurais aimé de la sincérité, alors que vous avez alterné entre petites avancées et grand recul. De la sincérité et des efforts face aux juges et face à la maman aussi. Ici, le seul qui n'a pas fait d'effort, c'est vous! Vous n'avez même pas l'humanité de répondre ! Et vous êtes même allé jusqu'à invoquer des forces obscures, des fétiches, un envoûtement pour expliquer ce geste, et même à jouer à celui qui souffre le plus dans cette affaire, de vous ou de votre ex-compagne". L'accusé ne scille pas, les yeux baissés et fermés dans son box.

Le Ministère Public demande 25 ans de prison car l'accusé dit-il, a "encore du chemin à faire", trois ans après les faits, pour comprendre que "personne n'a le droit de vie ou de mort, et personne ne peut être sacrifié (surtout pas un bébé, vulnérable qu'un père se doit de protéger) sur l'autel de la séparation", car Aaron "n'était plus un être humain mais un enjeu". C'était ça le mobile du crime selon l'avocat général : "la rage et la vengeance d'un homme".

Les plaidoiries de la Défense : "une pulsion"

Comment et pourquoi ce geste ? C'est à ces deux questions qu'ont pu répondre les deux avocats de l'accusé. Pour Maître Dubarry, il "a répondu à une pulsion", qu'il a réalisé aussitôt après le drame et ensuite, tout au long de l'instruction et de ce procès, la "lassitude" a pris le dessus et l'a empêché de formaliser, d'avouer cet acte irréparable. "Une pulsion de quelques secondes, un geste irréfléchi, un acte fou" ajoutera Maître Piquet-Boisson, "après une déstabilisation depuis plusieurs jours" (la dispute, trois jours plus tôt et la valise que son ex-compagne met dans le couloir pour lui signifier qu'elle veut des excuses et lui pense à la séparation).

Les plaidoiries de la partie civile : "expliquer l'inexplicable"

Comment "expliquer l'inexplicable aux trois grands frères ? Que le meurtrier n'est pas un grand méchant comme dans les dessins animés, mais que c'est celui qui prend soin d'eux" à la maison aux côtés de leur maman, depuis deux ans ? débute Maître Chiron. Comment un père peut jeter son enfant à l'eau ? poursuivra Maître Bris. "Et même le lancer vu la configuration des quais", comme l'a maintenant entendu la maman. "La vérité, c'est ce qu'il a confié juste après son geste ce 11 novembre aux passants : au secours, j'ai jeté mon bébé car je suis en pleine séparation".

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