Faits divers – Justice

Bébé secoué : 10 ans de prison requis contre l'assistante maternelle

Par Noémie Bonnin et Typhaine Morin, France Bleu Maine jeudi 13 février 2014 à 16:53 Mis à jour le jeudi 13 février 2014 à 16:56

Le palais de justice du Mans
Le palais de justice du Mans © Radio France - Noémie Bonnin

L'avocat général a requis 10 ans de prison contre une assistante maternelle qui comparaît depuis mercredi devant la cour d'Assises de la Sarthe. La jeune femme est accusée de "violences ayant entraîné la mort sans l'intention de la donner". Un bébé dont elle avait la garde est mort après plusieurs mois de coma.

"On est loin d'un accident ou d'un acte involontaire. Ce sont des violences ", a estimé ce jeudi l'avocat général au dernier jour du procès d'une assistante maternelle accusée d'avoir causé la mort d'un bébé, il y a trois ans à Terrehault, dans la Sarthe. Devant la cour d'Assises, au Mans, l'avocat général a requis 10 ans de prison à l'encontre de la jeune femme. 

Au premier jour du procès, mercredi, l'ex nounou n'avait pas expliqué ce qui était arrivé. Ce soir-là, à son arrivée à l'hôpital, les pédiatres avaient diagnostiqué le syndrome du "bébé secoué ". L'enfant était tombé dans le coma et était mort huit mois plus tard.

"10 ans de prison, c'est une peine de colère, une peine de vengeance" - l'avocat de l'accusée

"La nounou a-t-elle pris conscience de la gravité des faits? Elle apparaît étrangement étanche à la situation ", a estimé l'avocat général. "Ce procès me laisse un sentiment d'inachevé. On aurait préféré qu'elle assume ". La veille, la jeune femme avait expliqué à la cour que le bébé avait "basculé " quand elle le changeait, que sa tête avait "heurté le mur " et qu'il s'était ensuite évanoui. 

Lors des plaidoiries, l'avocat de l'ancienne nounou a assuré que sa cliente "a de la peine, mais si elle a du mal à l'exprimer ". "Ma cliente n'arrive pas à dire 'j'ai secoué le bébé', car elle est confrontée à une situation qui la dépasse ", a plaidé l'avocat. 

"Cette date est ancrée en moi, même si je n'arrive pas à l'exprimer ", affirme l'accusé avant que le jury ne se retire pour délibérer.