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Faits divers – Justice

Bébé secoué à Rennes : le procès d'un père accusé d'avoir provoqué la mort de son enfant

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Par , France Bleu Armorique, France Bleu

Un Rennais de 32 ans est jugé cette semaine aux assises d'Ille-et-Vilaine pour avoir provoqué la mort de son nourrisson de quatre mois. Il est accusé d'avoir secoué l'enfant qui est décédé à l'hôpital quelques jours après. Le père risque 30 ans de réclusion criminelle.

Cour d'Assises de l'Ille-et-Vilaine à Rennes, en avril 2019.
Cour d'Assises de l'Ille-et-Vilaine à Rennes, en avril 2019. © Radio France - Céline Guetaz

Rennes, France

Les faits se sont déroulés en juin 2016, alors que le père de famille était seul avec ses deux petits garçons âgés de quatre mois, et 14 mois. La mère des enfants, partie civile à l'audience, avait repris son travail d'agent d'entretien le matin même. Il l'a appelée complètement paniqué, vers 13 heures. Le nourrisson a été hospitalisé, il est décédé quelques jours plus tard. 

Le père est poursuivi pour violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Le procès va durer toute la semaine devant la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine. Pour la première journée d'audience, ce mardi, la cour s'est penchée sur la personnalité du jeune accusé et sur les faits.   

"J'ai paniqué, j'ai eu des gestes brusques, je voulais le faire taire"

Le 2 juin 2016, Ludovic est seul au domicile conjugal avec ses deux enfants, pour la première fois. La mère des enfants a repris son travail d'agent d'entretien le matin même. Lui ne travaille pas, il passe ses journées à fumer du cannabis. 

En fin de matinée, le nourrisson, né prématurément, se met à pleurer. "Je l'ai pris, il régurgitait, j'ai eu des gestes brusques, sa tête basculait dans tous les sens". "Vous l'avez secoué ?" demande le président de la cour. "Non" assure l'accusé. "J'ai paniqué, je peux pas raconter". Le jeune homme lâche quelques larmes : "Je l'ai posé dans son transat, il était K.O, j'ai appelé sa mère." 

"Pourquoi vous n'avez pas appelé le Samu ?" demande le président. "Je ne voulais pas de problème avec la justice". C'est finalement la mère de l'enfant qui appelle les secours. L'enfant décède quelques jours plus tard à l'hôpital. "L'enfant est décédé des suites du syndrome du bébé secoué" indique le médecin légiste. 

Il met en cause le grand frère de 14 mois 

En garde à vue, l'accusé a d'abord mis en cause son petit garçon de 14 mois. "Il a donné un coup de camion en plastique à son petit frère qui avait une grosse bosse". L'avocate générale interroge l'accusé : "Vous vous rendez compte que vous avez tenté de faire porter la responsabilité à votre petit garçon !" La mère de l'enfant est dans la salle, sur le banc de la partie civile. "Que s'est-il vraiment passé, vous devez le dire aujourd'hui !" Cette question torture ma cliente lance l'avocate de la mère des enfants. "J'ai déjà tout dit" répond l'accusé. Le procès se poursuit ce jeudi. 

Un jeune homme brusque, impulsif, agressif, qui fume du cannabis toute la journée

Le jeune homme fume jusqu'à 10 joints par jour lorsqu'il est incarcéré après la mort de son bébé. Une addiction au cannabis, après l'alcool qu'il dit avoir arrêté à la naissance de son premier enfant. Ce premier enfant souhaité, "pour fonder une famille, comme celle de ma sœur" explique l'accusé. "Un premier enfant qui le transforme" assure son ex compagne aujourd'hui partie civile. 

Il n'était pas prêt à assumer ce deuxième enfant 

Les difficultés demeurent après la naissance du premier enfant, et lorsque la jeune femme accouche de leur deuxième enfant, né prématurément, le jeune homme panique. Il n'était pas prêt à assumer, notamment financièrement. Sans emploi, il passe ses journées devant une console de jeu. Le travail, il ne connait pas vraiment. Depuis l'âge de 19 ans, il enchaîne quelques petits boulots et les premières peines de prison, pour vol, ou violences sur ses ex petites-amies. 

Jaloux, impulsif, agressif quand on le contrarie, brusque et injurieux avec ses enfants, violent avec sa compagne, le jeune homme qui a connu une scolarité difficile, une vie familiale dans un milieu modeste, avec un père exigeant et autoritaire, et une mère ultra protectrice, explique qu'aujourd'hui il travaille en prison, pour "s'occuper l'esprit". Le jeune homme n'a aucune visite en détention, sauf celle autorisée de son petit garçon, aujourd'hui âgé de quatre ans.