Faits divers – Justice

Besançon: cinq jours de procès pour le crash de La Vèze

Par Bleuette Dupin, France Bleu Besançon lundi 25 janvier 2016 à 6:22 Mis à jour le lundi 25 janvier 2016 à 9:13

Le 19 octobre 2006, un avion s'écrasait au décollage près de Besançon
Le 19 octobre 2006, un avion s'écrasait au décollage près de Besançon © Maxppp - Claude Mislin/ L'Alsace

Un peu plus de neuf ans après le crash d'un avion en bout de piste sur l'aérodrome de Besançon-La Vèze, le tribunal de grande instance de Besançon juge cette semaine trois personnes poursuivies pour homicides involontaires. L'accident avait fait quatre morts.

Le 18 octobre 2006 peu après minuit, l’avion, un Beechcraft C90 exploité par la compagnie Flowair Aviation, s'écrase en bout de piste sur l’aérodrome de Besançon - La Vèze, après avoir heurté la cime des arbres. Le pilote n’a signalé aucune difficulté et n’a pas émis de message de détresse.

A bord de cet avion, deux médecins, le chef de clinique du CHU de Besançon âgé de 36 ans, et un interne lyonnais de 24 ans qui partent à Amiens pour procéder à un prélèvement d’organe. Aux commandes, le pilote âgé de 48 ans, et un second pilote qui n'a pas l'expérience pour l'assister. Tous sont décédés.

Le pilote avait-il toute les compétences pour assurer ce vol ? Non dit le rapport du BEA

Dans son rapport, le BEA souligne qu'"il est possible que le pilote ait atteint les limites de ses capacités techniques au cours de ce décollage. Il ne disposait pas, en effet, de toute l’expérience dont il se prévalait et ses employeurs précédents ont fait état d’un certain manque de technicité." 

Au TGI de Besançon où s'ouvre ce lundi le procès, trois hommes seront sur le banc des prévenus : le gérant de la société Flowair, le pilote contrôleur de la compagnie qui a validé le stage du pilote et un employé de la DGAC (direction générale de l'aviation civile) qui a prorogé la licence de vol du pilote alors qu'il ne pouvait y prétendre. Ils sont poursuivis pour homicides involontaires par violation manifeste d'une obligation de sécurité.

Une vingtaine de parties civiles sont attendues, des proches des victimes mais aussi le CHU de Besançon et deux associations de victimes.

Les habitants la Vèze attendent aussi des réponses

Si le crash a touché les familles des victimes en premier lieu, il a également ému à la Vèze. Christian Pascal se souvient bien des jours qui ont suivi le crash : "_J'avais compris qu'il y avait eu un accident, on avait entendu l'avion décoller et puis plus rien. Ca fait un choc le lendemain, il y avait ces quatre morts et puis beaucoup de gendarmes. On avait toujours un pincement au coeur en voyant les photos des victimes sur le lieu du crash_"

Si les victimes n'étaient pas connues dans le village, les habitants suivront le procès. "Ce sera intéressant de voir vraiment quelles sont les raisons de ce crash", explique Denis Blandeau, voisin de l'aéroport depuis 19 ans. S'il regarde parfois inquiet les hélicoptères qui survole sa maison, Denis ne s'inquiète pas pourtant davantage des avions depuis le crash. "_Les avions ne survolent pas directement le village", raconte-t-il. _"Et puis on sait quand on s'installe qu'il y a l'aérodrome, on est habitué, ça fait partie du paysage, on vit avec sans soucis", ajoute un autre résident de la commune.

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