Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Le harcèlement de rue, monnaie courante à Marseille

mardi 31 juillet 2018 à 20:27 Par Corrine Blotin, France Bleu Provence

Le Sénat a approuvé le projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles, qui devrait être définitivement adopté lors d'un ultime vote mercredi à l'Assemblée. Sifflet, regard insistant ou remarque déplacée pourront désormais être passibles de 90 euros d'amende. Reportage à Marseille.

Le harcèlement de rue bientôt passible d'une amende de 90 euros
Le harcèlement de rue bientôt passible d'une amende de 90 euros © AFP - Jean-Marc Quinet / BELGA MAG / BELGA

Marseille, France

À Marseille où la drague urbaine fait rage, se faire siffler ou aborder dans la rue quand on est une femme, c’est monnaie courante... avec des variantes, expliquées par Alice, 24 ans : 

Cela va du gentil 'Tu es belle', au plus lourd 'T'es bonne' (...) et ça peut facilement partir dans les insultes si on est habillée un peu trop court à leur goût.

D'ailleurs certaines avouent avoir changé leur façon de s'habiller : "Je ne mets plus du tout de short à cause de ça, ne serait-ce que pour les regards" précise Camille 20 ans qui lorsqu'elle se fait aborder, préfère "laisser passer et ne rien dire", plutôt que de risquer de se faire suivre et d'envenimer les choses.

Premières amendes dès l'automne

C'est pour mettre fin à ces situations que le projet de loi prévoit des amendes de 90 à 750 euros, voire plusieurs milliers d'euros en cas de récidive ou de circonstances aggravantes. Une mesure bien accueillie sur le principe par l'association "Osez le féminisme 13", mais sa fondatrice Audrey Gassian émet des réserves sur l'application au quotidien : "Pour faire un flagrant délit, il faudrait avoir un policier à tous les coins de rue!"

Il faut former les forces de l'ordre à mieux recevoir ces plaintes et accompagner les victimes

De jeunes marseillais assis sur leurs scooters reconnaissent volontiers siffler les jolies filles : "Une façon de draguer tranquille" et sans agressivité, précisent-ils. 

Siffler les filles, c'est un compliment

Autant dire que l'idée d'être passible d'une amende leur parait démesurée : "On manque pas de respect, c'est trop, c'est abusé !" ajoute Mehdi, qui estime que "l'État veut gagner des sous sur le dos des gens !"