Faits divers – Justice

Le groupe Bigard condamné : "On rend la dignité à un homme" (CGT)

Par Tudi Crequer, France Bleu Breizh Izel mardi 15 septembre 2015 à 16:06

© Max PPP

La société Bigard a été condamnée par le tribunal des Purd'hommes de Quimper à verser 50 000€ à un ancien salarié licencié "sans cause réelle et sérieuse".

"Il y a encore une justice en France qui rend son honneur à un homme, c'est énorme."  Cette décision du tribunal des Prud'hommes de Quimper est une victoire pour Michel Le Goff, le délégué syndical central CGT à Bigard Quimperlé. 

Depuis plus d'un an, il se battait contre la décision de licenciement d'un ouvrier employé depuis 26 ans sur le site de Quimperlé. La direction l'accusait d'avoir volontairement fermé les vannes des stérilisateurs pour faire baisser la chaleur dans l'atelier, au cœur de l'été 2014. Un acte qualifié de "faute grave" par le groupe d'abattage.

"On veut mettre le salarié à genou mais là, on s'est battu" Michel Le Goff, délégué syndical

Plusieurs fois, les salariés se sont mobilisés pour soutenir leur collègue licencié "pour l'exemple" , selon eux. Le tribunal des Prud'hommes de Quimper leur a donné raison ce mardi 15 septembre. Il n'y a aucune "cause réelle et sérieuse"  a estimé le tribunal. Il a condamné le groupe Bigard à verser 50.000€ à l'ouvrier licencié pour dommages et intérêts et 800€ au titre de l'article 700 pour les frais d'avocats. Le tribunal rejette néanmoins la demande de réintégration à l'entreprise.

"C'est un poids qui lui est enlevé, estime Michel Le Goff. Cela fait plus d'un an qu'il a été licencié, il va enfin pouvoir passer à autre chose, et tourner la page. C'est une justice sociale qui est rendu à un homme qui a été traîné dans la boue. On lui a reproché des faits qui n'existaient pas. La direction a voulu faire un exemple. C'était un salarié exemplaire mais quand il avait quelque chose à dire il le disait. C'est cette répression syndicale, on veut mettre le salarié à genou mais là on s'est battu et on a obtenu gain de causes aux Prud'hommes."