Faits divers – Justice

Bizutages scatologiques au lycée Berthollet d'Annecy

Par Nicolas Peronnet, France Bleu Pays de Savoie et France Bleu samedi 12 septembre 2015 à 13:06

Le centre ancien d'Annecy
Le centre ancien d'Annecy - © Région Rhône-Alpes / Eric Bergoënd

Quatre élèves de terminale du prestigieux établissement annécien ont été placés en garde à vue jeudi pour des faits de bizutage violents et de nature scatologique sur des internes de seconde. Certains actes pourraient être requalifiés en agression sexuelle.

Placés en garde à vue jeudi au commissariat d'Annecy, avant d'être relâchés vendredi, trois des quatre agresseurs ont reconnu les faits. Ils sont graves. Urine dans des bouteilles de jus de fruit, goulots et brosses à dents maculés de matière fécale que les victimes devaient porter à la bouche. Suffisamment graves pour que certains soient éventuellement requalifiés en "agression sexuelle" selon le procureur de la république d'Annecy Eric Maillaud : "une agression sous la douche avec un acte sexuel mimé s'apparente effectivement à un acte d'agression sexuelle".

ECOUTEZ le procureur d'Annecy Eric Maillaud

Une "tradition" dans l'établissement ?

Pour l'heure, cinq victimes ont porté plainte, dont une pour un bizutage qui aurait eu lieu l'an dernier. Le parquet cherche désormais à déterminer si d'autres cas pourraient être signalés, y compris parmi d'anciens élèves. Il s'agit de savoir,  selon Eric Maillaud, si ces pratiques relèvent d'une "tradition" dans l'établissement : "certaines des victimes particulièrement choquées ne voulaient pas s'exprimer, mais ont fini par le faire, comprenant que c'est l'intérêt de tout le monde. Il se peut qu'il y ait eu des faits commis l'an dernier, mais les auteurs ne sont pas nécessairement les mêmes. Si il y a une tradition de bizutage au lycée, il faudra bien évidemment essayer d'y mettre un terme".

ECOUTEZ le procureur d'Annecy Eric Maillaud

"Intolérable et injustifiable" pour le rectorat 

Dans un communiqué, le rectorat de Grenoble juge de telles dérives "intolérables et injustifiables" : "sitôt ces actes connus, toutes les dispositions ont été prises par les autorités académiques pour accompagner les élèves qui en ont été victimes". Une cellule médico-psychologique a été mise en place, et les auteurs présumés des agressions exclus de l'établissement. Tous mineurs, ils seront convoqués dans les prochaines semaines devant le tribunal pour enfants.