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Faits divers – Justice

Blessés par balles et voitures brûlées à Bagnolet : "du jamais vu"

vendredi 27 avril 2018 à 19:36 Par Rémi Brancato, France Bleu Paris et France Bleu

Depuis mercredi, des CRS sont déployés dans le quartier de la Capsulerie, à Bagnolet, connu pour son trafic de drogue. En cause, les violences des trois dernières semaines : quatre personnes blessées par balles et des voitures brûlées. Le maire et le député demandent des renforts de police.

Le quartier de la Capsulerie, à Bagnolet, ce vendredi
Le quartier de la Capsulerie, à Bagnolet, ce vendredi © Radio France - Rémi Brancato

Bagnolet, France

Depuis bientôt trois semaines, Bagnolet, en Seine-Saint-Denis, connaît un embrasement sans précédent. Dans la nuit de jeudi à vendredi, à nouveau cinq voitures ont été incendiées dans le quartier des Malassis. Dix autres véhicules avaient été brûlés dans le même quartier dans la nuit de mardi à mercredi, après qu'un jeune homme de 22 ans a été blessé par balles mardi soir. 

A la Capsulerie, "une étape supérieure" franchie

L'autre quartier touché par la violence, sans qu'aucun lien puisse être établi avec les Malassis, c'est la Capsulerie. Ce quartier, situé à proximité du terminus de la ligne 3 du métro, à Gallieni, est connu pour son trafic de drogue . Mais depuis le 9 avril, les coups de feu et autres voitures brûlées, c'est "une étape supérieure" pour François, membre du collectif "Retrouvons notre dignité", qui milite pour plus de sécurité dans ce quartier depuis 2011. 

ECOUTER - Coups de feu et voitures brulées, une situation "jamais vue" à la Capsulerie, à Bagnolet

Pour les habitants c'est du "jamais vu". "On se retrouve avec des règlements de comptes en plein jour avec des enfants autour de nous" s'inquiète Anissa une habitante : "voir des gars avec des battes de baseball pour casser des voitures et des jerricanes d'essence pour les brûler, je ne vois pas ça en bas de chez moi, mais à la télé, dans un film américain"

ECOUTER - Anissa habite le quartier

Depuis le 9 avril, trois personnes ont été blessées par balles dans le quartier. Des coups de feu ont été tirés devant un café, sur un immeuble et même sur la porte d'un appartement du quartier. "C'est pour mettre un coup de pression, de l'intimidation" estime Anissa. Des voitures ont aussi été brûlées.

Une "guerre de territoires" entre trafiquants

"Je n'ai pas le souvenir d'avoir connu une telle situation dans notre ville" constate Tony Di Martino, le maire (PS) de Bagnolet pour qui la situation est une "guerre de territoires" entre trafiquants. Avec le député de la circonscription (France Insoumise), Alexis Corbière, il a été reçu ce vendredi par le préfet de Seine-Saint-Denis, pour réclamer plus de moyens policiers et renouveler une vieille revendication : obtenir un commissariat de plein exercice à Bagnolet, qui dépend aujourd'hui de celui des Lilas. "Nous avons un commissariat subdivisionnaire, qui n'est pas ouvert 24h / 24 et qui a moins de moyens" explique l'élu. 

ECOUTER - Tony Di Martino souhaite "stopper ces événements et surtout rassurer la population"

Des CRS déployés, les élus demandent des renforts à long terme

L'an passé le maire a obtenu la création d'un GST, groupe spécialisé de terrain, doté de 18 policiers, spécifiquement dédié à la Capsulerie et à la lutte contre les trafics. Des caméras de vidéosurveillance vont aussi être installées. Depuis mercredi, des CRS sont déployés dans le quartier. Une mesure exceptionnelle, qui n'a pas vocation à durer, nous indique une source policière. Les habitants rencontrés ce vendredi regrettent que les cars soient stationnés aux abords du quartier et non pas au pied des immeubles. 

Sur le long terme, la présence des CRS, "ce n'est pas ce qui va régler les choses" dit cette habitante à Alexis Corbière, venu dans le quartier ce vendredi matin. "On va demander des augmentations de moyens" lui répond le député. Une autre habitante nous glisse qu'il ne "faut pas attendre qu'il y ait un mort pour commencer à se bouger". Le député et le maire ont aussi demandé un rendez-vous à Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur.