Faits divers – Justice

Bombardier Crespin condamné pour la première fois pour faute inexcusable dans le dossier de l'amiante

Par Rafaela Biry-Vicente, France Bleu Nord et France Bleu jeudi 29 octobre 2015 à 6:00

Pour Nacim Bardi, fils d'un des soudeurs c'est une première victoire
Pour Nacim Bardi, fils d'un des soudeurs c'est une première victoire - Rafaela Biry-Vicente

Le constructeur ferroviaire vient d'être condamné pour faute inexcusable après la mort de deux anciens soudeurs d'un cancer broncho-pulmonaire lié à l'amiante dans l'usine de Crespon (Nord). Une victoire pour les familles même si Bombardier a fait appel.

C’était une des seules usines du Valenciennois qui n’avait encore pas été condamnée dans le dossier de l’amiante, Bombardier Crespin a finalement été condamné pour faute inexcusable le 16 septembre dernier par le tribunal des affaires sociales de Valenciennes, mais on apprend seulement sa décision aujourd’hui.

L’usine ferroviaire de Crespin a été condamnée à revaloriser les indemnisations de deux veuves de soudeurs exposés pendant une trentaine d’année à l’amiante. Les deux ouvriers travaillaient avec des gants en amiante et dans des cuves où les parois étaient aussi en amiante, ils ont donc respiré le poison sans le savoir. Et en 2012, en quelques mois ils sont morts d’un cancer broncho-pulmonaire.

le reportage de Rafaela Biry Vicente

La sécurité sociale a très vite reconnu le fait que ces décès étaient liés à l’amiante, mais le fils d’un des ouvriers et la veuve de l’autre ont décidé d’attaquer l’usine pour qu’ils reconnaissent leur responsabilité, faire jurisprudence, pour les malades et les victimes à venir « c’est pas normal, sanglote Nicole, les personnes vont travailler pour gagner leur vie pas pour mourir, mon mari avait encore de belles années devant lui, et sans cette amiante il serait encore là »

Dans sa décision, le tribunal explique noir sur blanc que l’entreprise « ne pouvait sérieusement pas prétendre qu’elle n’était pas au courant de la présence de l’amiante », un composant jugé dangereux en 1977, et interdit en 1996.

Bombardier ne souhaite pas s’exprimer sur cette condamnation, et attend la décision finale en appel, en attendant le fils et la veuve appellent tous les autres malades ou proches de victime a également attaquer le constructeur pour faute inexcusable.