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Faits divers – Justice

Deux élus bordelais poursuivis pour diffamation par Robert Ménard, maire de Béziers

Fabien Robert, premier adjoint au maire de Bordeaux, et Aziz Skalli, référent départemental de la République en Marche, sont accusés par Robert Ménard de propos diffamatoires, via un communiqué diffusé en mai 2018, notamment sur Facebook.

Robert Ménard à son arrivée au tribunal correctionnel de Bordeaux.
Robert Ménard à son arrivée au tribunal correctionnel de Bordeaux. © Maxppp - Fabien Cottereau

Bordeaux, France

Assis face à face pendant l'audience, Robert Ménard et les deux prévenus, Fabien Robert et Aziz Skalli, se gardent bien d'échanger un regard. Tous trois semblent plus sereins que leurs avocats, entre qui le ton monte rapidement. La présidente du tribunal correctionnel de Bordeaux finit par s'en agacer " Maître ! Taisez-vous ! Je ne tiens pas à ce que le tribunal devienne une pétaudière !" Le débat sur le fond commence après une heure d'audience et une suspension, autour d'une question : le communiqué diffusé en mai 2018 était-il du ressort du débat politique, ou est-ce de la diffamation ? 

C'est de la pure diabolisation ! - L'avocat de Robert Ménard

Fabien Robert, le premier adjoint au maire de Bordeaux, président Modem Gironde, et Aziz Skalli, conseiller municipal et référent girondin pour La République en Marche, se voient reprocher des propos tenus il y a un an, via un communiqué.  En mai 2018, Robert Ménard est annoncé en Gironde : le maire de Béziers participe à un débat à Saint-André-de-Cubzac. Il est alors agressé et frappé. Dans la foulée, il a déposé plusieurs plaintes, dont une contre Fabien Robert et Aziz Skalli. Il les accuse d'avoir mis le feu aux poudres avec leur communiqué que Maître Journé, l'avocat du maire de Béziers, qualifie "de pure diabolisation !"

Passe d'armes et débat technique à l'audience

Pour les deux avocats de Robert Ménard, le communiqué contient de fausses affirmations, particulièrement sur deux points :  un recensement ethnique dans les écoles de Béziers et la création d'une milice dans la ville, deux mesures que les élus bordelais imputent à Robert Ménard. Maître Journé ajoute que ces termes "péjoratifs" (recensement ethnique et surtout milice) renvoient à des heures sombres. Il évoque la milice du régime de Vichy et suscite l'indignation des avocats des élus bordelais. 

On marche sur la tête, jamais ça ne parle de milices vichyssoises ! - L'avocat d'Aziz Skalli.

"Ce n'est pas un brûlot, ce communiqué, c'est de la formule... !" Ils s'attachent à démontrer que ces affirmations ne sont pas fausses. Le terme de "milice" n'est pas usurpé selon eux, puisqu'il ferait référence à l'idée d'une garde citoyenne lancée par Robert Ménard. 

Aziz Skalli : "Nous avons essayé de dénoncer l'intimidation et l'usage de la justice pour museler le débat public et politique"

Pendant que les avocats s'accrochent, les prévenus restent sereins. Fabien Robert et Aziz Skalli défendent leur droit de critiquer un opposant sur le terrain du débat politique. Robert Ménard leur répond qu’en tant qu'élus, ils ont le devoir d'être exemplaires et de ne pas l'attaquer en ces termes. "Drôle de façon de faire de la politique !" lance-t-il à la sortie de l'audience, convaincu que le communiqué est indirectement à l'origine des coups dont il a été victime à Saint-André-de-Cubzac.

Robert Ménard : "Un élu ne peut pas dire n'importe quoi !"

Diffamation ou communication purement politique ? La justice tranchera, dans trois semaines. Le jugement a été mis en délibéré au 6 juin, après presque 3 heures d'audience.