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Faits divers - Justice

Bordeaux : pourquoi les professeurs du lycée Trégey ont fait grève deux jours

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Par , France Bleu Gironde

Pendant deux jours, la moitié des enseignants du lycée professionnel a suspendu ses cours pour protester contre le comportement violent de certains élèves. Le phénomène dure depuis des années. Les professeurs attendent aujourd'hui que le rectorat améliore leurs conditions de travail.

Au lycée Tregey, les professeurs ont fait grève pendant deux jours pour dénoncer les violences de certains élèves.
Au lycée Tregey, les professeurs ont fait grève pendant deux jours pour dénoncer les violences de certains élèves. © Radio France - Fanny Ohier

Sur les soixante professeurs que compte le lycée Trégey dans le quartier de Benauge à Bordeaux, trente étaient en grève lundi et mardi. Un mois après la rentrée scolaire, ils protestaient contre le comportement violent de certains élèves entre eux et à l'encontre du corps enseignant. La situation n'est pas nouvelle, mais aujourd'hui, les professeurs insistent pour obtenir une réponse du rectorat, où ils ont été reçu en juillet dernier. 

Chaque jour apporte son lot de violence, verbale et physique. "On a eu une collègue pas plus tard que la semaine dernière qui faisait cours vitre ouverte et qui a reçu des cailloux. Des élèves dans la cours ont caillassé sa salle de classe !" Sandrine Golfier est professeure de lettre et d'histoire-géo, elle a arrêté de faire cours en signe de protestation.

"Dans la classe, ça peut être des bagarres qui dégénèrent à cause d'un geste déplacé, d'un regard malheureux." — Sandrine Golfier, professeure gréviste

Les micro-violences font partie de son quotidien "en classe, dans l'enceinte de l'établissement... Parfois même dans le quartier". La liste de ce que les enseignants qualifient d'"incivilités" est longue. Certains évoquent même des actes plus graves à caractère sexuel.

"Que les collègues pleurent en sortant des cours, ce n'est plus possible"

"Ça fait des années que ça dure!"

Vassa Pifflinger enseigne l'éco-gestion au lycée depuis sept ans. "Ça fait des années que ça dure !" En 2012, un élève de Trégey avait frappé un professeur à cause d'un "désaccord".

Aujourd'hui, elle dénonce la dégradation de ses conditions de travail. "Il y a une recrudescence des violences, que ce soit des élèves vis à vis des professeurs ou des élèves entre eux".  Face à cette situation, Vassa Pifflinger se sent "démunie". "Nous n'avons pas les moyens d'assurer la sécurité des élèves". 

La grève lancée lundi traduisait un ras-le-bol général. 

C'est "une réaction spontanée de l'ensemble du collectif, pour dire que ce genre de situation, les collègues qui pleurent systématiquement en sortant des cours, les élèves qui ont peur, ce n'est plus possible." — Vassa Pifflinger, enseignante gréviste

Les grévistes précisent qu'ils ont reçu de nombreux appels de soutien de la part des parents d'élèves.

"Un sentiment d'abandon", le changement attendu par les enseignants 

Les enseignants attendent une réaction de la part du rectorat, dont ils ont rencontré le secrétaire général en juillet dernier. A 14h mardi, ils ont envoyé une lettre, restée pour l'instant sans réponse. Parmi leurs revendications, les enseignants demandent que le lycée soit placé en zone d'éducation prioritaire, avec tous les avantages qui vont avec. Ils demandent le dédoublement des classes de seconde, plus de personnel encadrant (des professeurs principaux et des assistants d'éducation supplémentaires), l'intervention régulière de l'équipe mobile de sécurité du rectorat. 

"On voudrait des moyens supplémentaires pour assurer la sécurité de nos élèves"

Vassa Pifflinger parle d'un "sentiment d'abandon" ressenti par le personnel pédagogique. "On est le lycée poubelle", ajoute-t-elle. "A Trégey, il y a une concentration d'élèves en difficulté scolaire et sociale, et ils ont cours à trente par classe. Le problème c'est qu'il n'y a pas de mixité sociale."

Mardi soir, les professeurs ont suspendu la grève pour des raisons financières, ils envisagent de la reconduire à la rentrée des vacances de la Toussaint, le mardi 6 novembre.

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