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Faits divers – Justice

Bordeaux : l'arrêté de fermeture du pont de pierre aux véhicules attaqué en justice

mardi 12 mars 2019 à 20:27 Par Fanny Ohier, France Bleu Gironde

Une association de commerçants conteste l'arrêté municipal de fermeture du pont de pierre aux véhicules. Une audience a eu lieu mercredi 13 mars au tribunal administratif de Bordeaux, pendant laquelle le rapporteur public s'est dit favorable à l'annulation du premier arrêté de fermeture du pont.

Le pont de pierre réservé aux cyclistes et aux piétons depuis le 1er août à Bordeaux
Le pont de pierre réservé aux cyclistes et aux piétons depuis le 1er août à Bordeaux © Radio France - Thomas Biet

Bordeaux, France

L'arrêté de fermeture du pont de pierre aux voitures à Bordeaux a été discuté au tribunal ce mercredi 13 mars et le rapporteur public s'est dit favorable à l'annulation du premier arrêté de fermeture du pont. "Esprit Bastide", une association de commerçants et de particuliers de la rive droite, qui n'est pas majoritaire dans le quartier, attaque en justice cet arrêté municipal de fermeture du pont. L'audience fait suite à une requête déposée devant le tribunal administratif de Bordeaux en septembre 2019. Le pont de pierre a été définitivement fermé aux voitures à l'été dernier, après un an d'expérimentation. Depuis, seuls les véhicules de transports en commun de la Métropole, véhicules de secours et des forces de l’ordre sont autorisés à y circuler.

L'avocate de l'association Sophie Clavel a d'abord demandé au tribunal d'annuler ce premier arrêté, au motif qu'il n'a jamais été valide sur le plan juridique. Un argument auquel le rapporteur public s'est déclaré favorable puisque le document ne comporte aucune motivation attestée, selon lui. 

À l’issue de l’audience, la décision des juges a été mise en délibéré. Le jugement sera rendu dans un mois.  

Cependant, même si ce premier arrêté devait être annulé, il reste un garde fou à la réouverture du pont aux voitures. Puisqu'un second arrêté municipal a été pris le 3 décembre 2018 et délivré par la mairie par principe de précaution. Il a d'ailleurs lui aussi été contesté par l'association, qui a déposé une requête contre lui le premier février 2019. Elle a été enregistrée par le greffe mais aucune date d'audience n'a encore été fixée. 

Du côté des commerçants : s'adapter ou combattre le changement

"Les commerçants ont trouvé que cet arrêté était injuste, qu'il manquait de concertation et qu'il leur était extrêmement préjudiciable," selon l'avocate des plaignants.  

Au début, avec les premières expérimentations, l'inquiétude dominait parmi les commerçants.  Ils se voyaient déjà amputés d'une partie de leur clientèle, qui passait par là en voiture. Et effectivement, certaines enseignes ont vu leurs recettes baisser dans un premier temps. Mais rapidement, les craintes de Seb, tatoueur, se sont effacées.

"Pour notre part on a décidé de s'adapter aux changements. C'est un quartier en développement où de nombreuses structures vont être mises en place. Il faut faire en sorte d'être le mieux possible dans le quartier." — Seb, tatoueur à proximité de la place Stalingrad 

Pour Jérôme Siri, maire du quartier Bastide, les contestataires sont minoritaires. "Le reste des commerçants est bénéficiaire, donc arrêtons ces faux débats". 

"La place s'est transformée en cul de sac," — Patrick, buraliste de l'avenue Thiers

Les voitures ne passant plus devant leurs commerces, certains ont été obligés de licencier ou ont enregistré une nette baisse de leur chiffre d'affaires, selon Sophie Clavel, avocate. C'est le cas des commerces qui profitaient le plus de la clientèle de passage, comme les boulangeries, les pharmacies, les fleuristes aussi. Un fait que le maire de Bastide, Jérôme Siri, reconnaît. C'est pour ça selon lui qu'un accompagnement leur a été proposé, avec la Chambre de commerce.

Pour Patrick Youf, buraliste et l'un des plaignants, la mairie n'a tout simplement pas procédé dans le bon ordre. La mairie n'a pas assez entendu leurs revendications et propositions, selon lui. Cette décision de fermeture a été imposée à tous, certains commerces en souffrent toujours et se trouvent forcés d'essuyer une baisse de leur chiffre d'affaires, explique-t-il. "La mairie ne nous a pas concertés, il n'y a eu aucun échange et nous n'avons pas été entendus," explique Patrick. "Nous avons fait de nombreuses propositions, elles n'ont jamais été entendues. Pourquoi ne pas faire une ouverture alternée ou l'ouvrir dans un seul sens, de Bordeaux vers l'avenue Thiers ?".  Le maire nie l'absence de concertations. 

Pour autant, les plaignants "ne sont pas pro-voitures", précise l'avocate. "La mairie aurait simplement dû attendre d'avoir construit le nouveau pont [Simone Veil] et prévoir d'autres mesures d'accompagnement." 

Sur les 163 commerçants du quartier, ils ne sont plus qu’une poignée à contester la fermeture du pont aux voitures.