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Faits divers - Justice

Bordeaux : le vendeur de faux grands crus devant la justice

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Par , France Bleu Gironde, France Bleu

Le jeune homme a reconnu les faits : pendant deux ans, il a vendu notamment sur Le Bon Coin des bouteilles de grands crus bordelais...qui contenaient un vin de bien moins bonne facture. Il comparaissait devant le tribunal correctionnel de Bordeaux ce lundi.

Le tribunal de Bordeaux.
Le tribunal de Bordeaux. © Radio France

Bordeaux, France

La cellule spécialisée de la gendarmerie de la Gironde avait été alertée par des plaintes d'acheteurs trouvant les bouteilles mal conditionnées et le goût du vin bien éloigné d'un château Angélus ou d'un Pape Clément. Ces bouteilles de grands crus vendues notamment sur le site Le Bon Coin contenaient en fait un vin de moins bonne facture, vendu parfois plusieurs centaines d'euros la bouteille. Une arnaque qui a duré deux ans et dont un jeune homme de 29 ans, fils de viticulteurs, a rapidement reconnu être l'auteur.

A Bordeaux, quand on touche au vin, on touche à la Sainte-Vierge ! Maître Éric Grosselle, avocat de l'accusé

Près de 20 châteaux, dont plusieurs grands crus de Saint-Émilion, se sont porté partie civile dans le procès qui a eu lieu ce lundi devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. Une affaire "qui prend des proportions incroyables" s'est agacé Maître Éric Grosselle, avocat de l'accusé. "A Bordeaux, quand on touche au vin, on touche à la Sainte-Vierge !" ajoute-t-il avant de décrire son client, "un gamin paumé (...) un amour malheureux lui a fait faire des bêtises." Le jeune homme baisse souvent la tête, comme penaud. Il dit avoir "été pris dans une spirale de laquelle [il] n'arrivait plus à sortir."

Ce n'était pas du travail d'orfèvres - L'accusé

Il a l'idée de cette arnaque alors qu'il traverse une longue période de chômage, qu'il n'a plus aucun revenu et aucune aide de ses parents viticulteurs. Fâchés, selon lui, de son choix de carrière. "La cuisine c'est pas assez bien pour eux." Il monte cette arnaque pour combler ses découverts à la banque : la bouteille de grand cru est vidée de son contenu sans abîmer le bouchon, remplacée par un autre vin -parfois celui de la propriété familiale qu'il prend sans que ses proches ne s'en aperçoivent.

Quand il retrouve du travail, il continue cette activité frauduleuse, par habitude et goût du luxe : selon l'enquête, la combine lui a rapporté près de 30.000 euros, un montant contesté par son avocat. Et le grand cru, "vous l'avez bu ?" s'interroge le tribunal. Oui, "seul ou avec des amis" répond l'accusé.

Des arnaques qui nuisent aux vins de Bordeaux selon l'avocat d'un négociant

Ce procès est loin d'être un cas unique selon Maître Florent Verdier, du barreau de Bordeaux. Il représentait ce lundi, au procès, un négociant lésé par ces bouteilles de grands crus falsifiés. Pour lui, ce genre d'arnaque peut nuire aux vins de Bordeaux. "Le vin est la première économie de la région (...) ce sont des affaires qui se multiplient et qui dernièrement deviennent un problème majeur."

Maître Florent Verdier : "De plus en plus de clients ne font plus confiance..."

Huit mois de prison avec sursis ont été requis, ainsi que l'obligation d'indemniser toutes les victimes, pour des montants allant d'une centaine à plusieurs milliers d'euros, dont certains pour préjudice moral. Présent à l'audience, un négociant lésé s'inquiète que l'accusé n'ait pas les moyens de l'indemniser : licencié du restaurant dans lequel il travaillait, le jeune homme a été embauché dans la propriété familiale, celle-là même où il prenait une partie du vin servant à l'arnaque. La justice rendra sa décision le 16 décembre.

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