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Faits divers – Justice

Bordeaux : un homme condamné à trois mois de prison ferme après le caillassage d'une voiture de police

lundi 23 avril 2018 à 20:44 Par Thomas Coignac, France Bleu Gironde

Un homme de 32 ans a été condamné ce lundi à trois mois de prison ferme, en comparution immédiate par le tribunal de Bordeaux, après des violences dans le quartier des Aubiers. Vendredi une voiture de police avait été caillassée. Son avocat dénonce une peine pour faire un exemple.

Le procès en comparution immédiate s'est déroulé au tribunal de Bordeaux.
Le procès en comparution immédiate s'est déroulé au tribunal de Bordeaux. © Radio France

Bordeaux, France

Dans le box, à l'énoncé du jugement, cet homme de 32 ans reste digne. Et part directement passer la nuit en prison. Il a été condamné lundi à trois mois ferme de réclusion criminelle, une peine assortie de neuf mois avec sursis, et de 500 euros de dommages et intérêts à trois policiers de la BAC.  Dans la nuit de vendredi à samedi, une voiture de police a été caillassée dans le quartier populaire des Aubiers à Bordeaux.

C'est les flics, faut les fumer, il faut pas les laisser nous attraper.

Il est environ 2 heures du matin, lorsqu'un équipage de la BAC identifie un trafic de drogue. Un dealer semble vendre du cannabis à deux personnes dans un fourgon. Les policiers sont repérés, le dealer et son guetteur s'enfuient. Sur la route, ils crient "C'est les flics, faut les fumer, il faut pas les laisser nous attraper". 

Les deux hommes se séparent, deux policiers prennent en chasse le dealer présumé et finissent par l'arrêter au cinquième étage d'un immeuble. Mais pendant ce temps là, une vingtaine, puis une trentaine, une cinquantaine de personnes prend pour cible la voiture de police, dans laquelle se trouve un troisième homme. Des cailloux et des gravats sont jetés, et le véhicule sérieusement endommagé. Finalement, tout le monde quitte les lieux sans dommage. 

Les images du véhicule de la BAC. - Aucun(e)
Les images du véhicule de la BAC. - Communiqué Alliance

Ne pas céder un mètre à ceux qui veulent faire des quartiers une zone de non droit.

Trois jours plus tard, voilà le seul homme arrêtés dans le box des prévenus, en comparution immédiate au tribunal de Bordeaux. Jugé pour "provocation directe suivie d'effet à un attroupement avec arme", pour l'infraction la plus grave. Et il voit le procureur Gérard Aldige, requérir à son encontre une peine exemplaire, selon ses propres mots, un an de prison ferme, plus un avec sursis. 

Pour "ne pas céder un mètre, dit-il, à ceux qui veulent faire des quartiers une zone de non droit. À Bordeaux ça ne se passe pas comme ça poursuit-il. Pour lui, c'est même quasiment une peine préventive, pour éviter les mêmes faits aux Aubiers, ou dans d'autres quartiers.

50 émeutiers, et on juge quelqu'un qui n'a même pas lancé un caillou

De son côté l'avocat de la défense Arnaud Bayle se raccroche aux faits. Conteste même la vente de cannabis, qualifiée de "substance verdâtre" dans un des PV des policiers, même s'il la reconnaît à demi-mot. 

Mais le seul tort de son client, dit il, c'est de s'être enfui à l'arrivée de la police. Impossible de prouver que c'est lui qui a provoque l'émeute.  "Les pierres étaient stockées depuis longtemps à cet endroit pour les lancer sur les policiers. Même si mon client avait obtempéré, les policiers auraient été caillassés". Le syndicat de police Alliance dénoncera même un guet-apens. Et exigera dans un communiqué une "sévérité exemplaire dans la peine qui sera prononcée". 

Elle sera finalement bien inférieure aux réquisitions. Mais tout de même trop sévère pour Arnaud Bayle. "D'abord, d'habitude, dans cette situation, on ne met pas en prison quelqu’un dont le casier est vierge, proteste-t-il. Et puis quoi, on nous explique que les Aubiers sont un quartier perdu de la République, il y a 50 émeutiers, et on juge quelqu'un qui n'a même pas lancé un caillou, parce qu'il était en train de s'enfuir". Son client, malgré ses conseils a décidé de ne pas faire appel. Au fond de la salle d'audience, sa compagne, enceinte de leur troisième enfant, pleure en silence.