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Faits divers – Justice

Bourges : bientôt quatre ans de combat pour faire reconnaître l'erreur médicale dont elle s'estime victime

mercredi 25 octobre 2017 à 17:32 - Mis à jour le mercredi 25 octobre 2017 à 20:28 Par Michel Benoît, France Bleu Berry et France Bleu

Cette professeure de lettres se bat depuis plus de trois ans pour faire reconnaître une bavure médicale dont elle aurait été victime à l'hôpital de Bourges.Cette femme a en effet été amputée d'un sein, suite à un cancer qui serait survenu après un traitement qui n'avait, selon elle, pas lieu d'être.

Des praticiens de l'hôpital de Bourges sont directement visés par la plainte d'une patiente
Des praticiens de l'hôpital de Bourges sont directement visés par la plainte d'une patiente © Radio France - Michel Benoit

Bourges, France

L'enseignante a porté plainte pour administration de substances nuisibles ayant entraîné une mutilation, non assistance à personne en danger et mise en danger de la vie d'autrui. La plainte est aujourd'hui instruite par un juge à Châteauroux. Cette femme a décidé de révéler son combat car elle estime ses droits totalement bafoués depuis trois ans.

Soignée au départ pour une uvéïte

Tout commence en avril 2009. Catherine Nikaise se fait soigner pour une uveïte, une inflammation de l’œil à l'hôpital de Bourges, mais les médecins soupçonnent une pathologie beaucoup plus grave : une spondylarthrite ankylosante. Ils prescrivent d'emblée un traitement de choc : l'Imurel un immunosuppresseur, et cela sans examens complémentaires affirme Catherine Nikaise : " Ce médecin a posé son diagnostic en 20 minutes sans radiographie, sans rien. Or lorsqu'il m'a vue, mon uveïte était déjà guérie, grâce à la cortisone. L'Imurel ne doit être administré qu'en troisième intention, et seulement pour les formes les plus graves de spondylarthrite, maladie dont je n'ai jamais souffert. Or le Vidal est très clair : cet immunosuppresseur entraîne la formation de tumeurs malignes."

Le dossier de Catherine Nikaise commence à être épais : les expertises médicales s'amoncellent mais la première lui a été défavorable. - Radio France
Le dossier de Catherine Nikaise commence à être épais : les expertises médicales s'amoncellent mais la première lui a été défavorable. © Radio France - Michel Benoit

Et c'est ce qui se produit, Catherine Nikaise est opérée en décembre 2011 pour un cancer du sein. Après un an et demi de traitement à l'imurel à forte dose.

Je perdais mes cheveux par touffes entières. Les médecins parlent de chute saisonnière ! On se croirait dans une pièce de Molière"

Pour elle, le lien est évident, mais le tribunal administratif la déboute, se basant sur une expertise médicale que Catherine Nikaise affirme totalement erronée. D'autres expertises signées par des spécialistes lui seront favorables par la suite, mais la justice ne veut rien entendre. En avril 2015, elle dépose une plainte en pénal cette fois devant le TGI de Bourges. Le juge, c'est extrêmement rare, estime qu'il n'y a pas lieu à informer, se basant sur la toute première expertise et la décision défavorable à la plaignante devant le tribunal administratif. L'avocat de Catherine Nikaise saisit finalement la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bourges. Elle ordonne finalement de confier l'affaire à un juge d'instruction de Châteauroux mais là encore le parcours est semé d’embûches pour Catherine Nikaise.

" C'est assez sidérant de le constater, mais le juge d'instruction castelroussin, malgré notre demande, refuse d'entendre ma cliente, explique Me François Gaston. J'ai fait appel et la chambre de l'instruction a confirmé qu'il n'était pas nécessaire de l'auditionner. C'est la raison pour laquelle, ma cliente a décidé de médiatiser son dossier dans la mesure où on peut parfaitement comprendre qu'une victime a le droit d'être entendue pour apporter les précisions nécessaires." Le juge d'instruction castelroussin vient finalement d'ordonner une nouvelle expertise médicale.