Faits divers – Justice

Bourges : deux condamnations pour apologie de terrorisme

Par Michel Benoît, France Bleu Berry mercredi 13 janvier 2016 à 20:13

Le palais de justice de Bourges
Le palais de justice de Bourges © Radio France - Michel Benoit

Deux hommes ont été condamnés pour avoir vanté l'action de Daesh et ceci seulement quelques jours après les terribles attentats de novembre à Paris.

La première affaire concerne un jeune homme de St Doulchard. Il a été condamné à un mois d’emprisonnement. Le 18 novembre, quelques jours après les attentats de novembre à Paris, il avait crié vive Daesh et mimé un tir de mitraillette à la terrasse d’un café de Bourges.

C’est un gamin qui se présente à la barre : Sofian Mecellem ne fait pas ses 20 ans. Jean, Blouson foncé, visage glabre, rien dans son look ne fait penser aux barbus de Daesh. D’ailleurs quand la présidente lui demande de s’expliquer, le jeune homme affiche un air contrit et reconnaît que crier Daesh, en mimant un tir de mitraillette, c’était un truc bête. Il affirme regretter. « J’ai fait ça pour rigoler, on m’avait traité de sale bougnoule ». Pour son avocate, il a répondu à la bêtise par la bêtise. Rien à voir avec un discours d’apologie puisqu’il n’y avait pas d’éloge de l’état islamique. D’ailleurs, rien ne sera retrouvé chez lui :  aucun drapeau ou écrit islamiste. Reste que cela s’est passé 5 jours après les terribles attentats de Paris. Ce que ne manquera pas de rappeler le procureur : « Citer Daesh ou vive Daesh, c’est épouser leur cause et leurs exactions. On doit mettre un frein à ces tentatives de glorification". Le procureur qui requerra 15 jours de jours. Une sanction sévère même si c’est l’acte d’un gamin irréfléchi. Appel entendu par le tribunal qui est allé au-delà des réquisitions.

La seconde condamnation concerne un Vierzonnais de 48 ans : il écope de 2 mois d’emprisonnement avec sursis pour avoir placardé des affiches favorables à Daesh sur sa maison, c’était les 19 et 20 novembre 2015. L’homme ne s’est pas présenté à l’audience et n’avait pas d’avocat.

A vrai dire, Jean-Pierre Martial inspire plus la pitié que la crainte. A 48 ans, il se sent persécuté par la terre entière, à commencer par ses voisins. Ce sont d’ailleurs qui préviendront le commissariat le 20 novembre dernier. Jean-Pierre Martial, depuis la veille a placardé sur ses volets trois affiches format A4. Les inscriptions sont explicites : Boum-Boum La France, le pouvoir aux arabes, la France doit crever… Quand les policiers arrivent, il leur reproche de ne servir à rien. Il faut dire que ses plaintes multiples contre son voisin n’ont jamais été fondées. L’homme est à bout de nerfs. Il demande même à aller en prison pour se reposer et ne plus voir ce voisin qu’il accuse de le faire passer pour un pédophile. Un homme désoeuvré, seul, malade (il est atteint de gangrène), dont le comportement pour le procureur est le signe d’une certaine souffrance. Bref, pas question de le charger malgré ses 8 mentions au casier judicaire pour port d’armes violence et dégradation. Le parquet qui ne requiert que des jours amende. Appel entendu puisque le tribunal ne prononcera que du sursis : 2 mois d’emprisonnement.