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Faits divers – Justice

Bourges : développer la justice restaurative pour aider à se reconstruire

lundi 27 novembre 2017 à 18:19 Par Michel Benoît, France Bleu Berry

La semaine de la justice restaurative s'achève. Une justice pour combattre la récidive. En France, près de quatre condamnés sur dix sont récidivistes.

Procureurs, responsables de services di'nsertion et de probation, et d'aide aux victimes réunis aux côtés de la procureure générale à Bourges
Procureurs, responsables de services di'nsertion et de probation, et d'aide aux victimes réunis aux côtés de la procureure générale à Bourges © Radio France - Michel Benoit

Bourges, France

Cette justice restaurative est encore peu développée en France, mais elle est assez avancée dans des pays comme le Canada pour lutter notamment contre la récidive. L'idée est d'accompagner le délinquant et la victime, après le procès pour que chacun se reconstruise au mieux. Ce n'est pas une thérapie. Le but est de provoquer chez le délinquant une meilleure prise de conscience de ses actes pour éviter qu'il recommence. Il s'agit également d'aider la victime à avancer.

Marie-Christine Tarare, procureure générale près la cour d'appel de Bourges croit beaucoup en la justice restaurative. - Radio France
Marie-Christine Tarare, procureure générale près la cour d'appel de Bourges croit beaucoup en la justice restaurative. © Radio France - Michel Benoit

La procureure générale de la cour d'appel de Bourges voudrait donc aboutir à la création d'un service régional de justice restaurative sur les départements de l'Indre, du Cher et de la Nièvre. Pour Marie-Christine Tarare, il faut développer ces groupes de parole victimes/délinquants : " La justice restaurative, c'est le temps de l'humain après le temps du procès, de la sanction pas forcément assimilée par le délinquant, tandis que la victime reste parfois sur sa faim, sans avoir pu exprimer tout ce qu'elle aurait souhaité."

Le palais de justice de Bourges - Radio France
Le palais de justice de Bourges © Radio France - Michel Benoit

Le moyen le plus efficace c'est d'organiser des groupes de paroles, des victimes qui rencontrent des délinquants. C'est ce qui s'est fait fait dans la Nièvre où des chauffards ont échangé avec des victimes d'accident parfois gravement mutilées. Jérôme Moreau est le président de l'association nivernaise d'aide aux victimes : " Ces rencontres, c'est la confrontation à la réalité. Aussi bien pour le délinquant que la victime, et sans aucun tiers comme au procès où il y a le juge et l'avocat. L'idée que ces mots échangés aient un impact assez fort sur le délinquant pour éviter la récidive et sur la victime pour qu'elle puisse mieux comprendre ce qui lui est arrivé et puisse se reconstruire."

Un service régional de justice restaurative pourrait être créé à Bourges. Un comité de pilotage verra le jour début 2018. - Radio France
Un service régional de justice restaurative pourrait être créé à Bourges. Un comité de pilotage verra le jour début 2018. © Radio France - Michel Benoit

La victime est ainsi incarnée aux yeux du chauffard et elle peut de son côté mieux comprendre comment le délinquant en est arrivé là. Les mots pour se libérer, au delà de la sanction pénale, simplement pour se reconstruire. Cécile Lecoin, directrice du service pénitentiaire d'insertion et de probation de la Nièvre : "Attention, on ne recherche pas le pardon. ce n'est pas non plus une action thérapeutique. Surtout pas." Bien sûr cette justice restaurative passe par des moyens supplémentaires pour les services d'insertion et de probation, et pour les associations d'aide aux victimes, ne serait-ce qu'en formation. Un investissement pour un gain sociétal difficilement quantifiable. Le parquet de Nevers est beaucoup plus avancé sur la question que ceux de Bourges ou de Châteauroux qui comptent bien profiter de l'expérience nivernaise.