Faits divers – Justice

Bourges : le tribunal, clément vis à vis du chauffeur qui avait blessé un gendarme sur la course Paris/Bourges

Par Michel Benoît, France Bleu Berry lundi 23 octobre 2017 à 21:52

Les juges du tribunal correctionnel de Bourges ont déqualifié les poursuites à l'encontre du conducteur qui avait blessé un gendarme sur la course Paris/Bourges
Les juges du tribunal correctionnel de Bourges ont déqualifié les poursuites à l'encontre du conducteur qui avait blessé un gendarme sur la course Paris/Bourges © Radio France - Michel Benoit

Douze mois de prison dont six avec sursis pour le chauffard qui avait blessé un gendarme sur la course Paris-Bourges. Le 5 octobre dernier, à Menetou-Salon, un automobiliste avait tenté de forcer le passage alors que la circulation était interdite sur le parcours.

L'homme, âgé de 36 ans, voulait rentrer chez lui, à 900 mètres à peine, mais sa rue était coupée à la circulation. Un gendarme s'était interposé. L'automobiliste était poursuivi pour violence aggravée, mais le tribunal, a décidé de déqualifier l'affaire, ramenée à un refus d'obtempérer avec mise en danger de la vie d'autrui. Le tribunal a été sensible aux arguments de la défense qui contestait les poursuites pour violence aggravée : "En aucune manière, mon client n'a souhaité renverser le militaire, explique Me Jacqueline Chamiot-Clerc, d'ailleurs au niveau des constatations matérielles, le choc vient du côté, ce qui peut laisser entendre que le gendarme qui a fait des déclarations en indiquant qu'il courait vers le véhicule, a été surpris par le fait que l'automobiliste ne s'arrête pas."

La salle d'audience du TGI de Bourges - Radio France
La salle d'audience du TGI de Bourges © Radio France - Michel Benoit

L'adjudant Chef Réau, chef de la brigade d'Henrichemont, boîte toujours. Il souffre d'un arrachement de la tête du péroné. Le militaire est en arrêt jusqu'au 6 novembre. Pour lui, les intentions du conducteur étaient pourtant claires : " Je le somme de stopper son véhicule, il ne peut pas nier qu'il ne m'entend pas. La fenêtre est ouverte, il fait une marche arrière, son regard se dirige dans ma direction et il a un mot vers moi en disant, tu ne m'attraperas pas et il accélère brusquement dans ma direction. Donc je ne vois pas où ne peut pas être l'acte volontaire."

Le tribunal correctionnel de Bourges a été sensible aux arguments de la défense du conducteur irascible - Radio France
Le tribunal correctionnel de Bourges a été sensible aux arguments de la défense du conducteur irascible © Radio France - Michel Benoit

La procureur, Lydie Samour, avait pourtant requis 18 mois de prison dont 9 fermes, avec mandat de dépôt à l'audience. Le prévenu s'en sort donc plutôt bien. Il est vrai qu'il travaille et a présenté quantité d'attestations favorables. Il n'ira pas en prison. Les 6 mois fermes feront l'objet d'un aménagement. L'homme a tout de même dû laisser son permis de conduire au tribunal, suspendu pour trois mois. Il s'est excusé à la barre. Reste à savoir si les gendarmes trouveront le signal envoyé par la justice suffisamment fort.