Faits divers – Justice

Bourges : Un an avec sursis requis dans un procès d'esclavagisme moderne

Par Michel Benoît, France Bleu Berry mercredi 14 décembre 2016 à 19:56

Un homme de soixante-quinze ans a comparu devant le tribunal correctionnel de Bourges pour avoir employé illégalement un africain de Côte d'Ivoire
Un homme de soixante-quinze ans a comparu devant le tribunal correctionnel de Bourges pour avoir employé illégalement un africain de Côte d'Ivoire © Radio France - Michel Benoit

Un an de prison avec sursis et 150.000 euros d'amende requis hier par le procureur de Bourges dans une affaire d'esclavagisme moderne. Décision le 23 décembre.

Un retraité de Neuvy sur Barangeon, ancien expatrié en Afrique est poursuivi pour avoir fait travailler durant plus de deux ans, un employé Ivoirien, pour un salaire de misère, et au mépris du code du travail. La victime, un homme de 40 ans, réclame aujourd'hui 163.000 euros à son ancien patron. Le Comité Contre l'Esclavagisme Moderne, représenté par Me Juliette Vogel s'est porté partie civile. Le jugement sera rendu le vendredi 23 décembre.

L'homme se déplace aujourd'hui avec une canne, il arbore la légion d'honneur au revers de sa veste et ne semble pas vraiment comprendre ce qu'on lui reproche. Quand le tribunal lui demande si employer quelqu'un sans contrat de travail, ça ne le dérange pas, il répond crânement : "il en avait un en côte d'ivoire !" Mais voilà c'est à Neuvy sur Barangeon que son employé " boy de catégorie 4 " selon une attestation ivoirienne, travaillait trois à quatre mois par an, puis plus de deux ans consécutifs à raison de douze à quinze heures par jour.... Tout cela avec un simple visa de tourisme. "C'est ma femme qui gérait tout ça", affirme le septuagénaire. "Quand elle est décédée, les comptes ont été bloqués, et je n'avais plus de disponibilités pour le payer. "

" On veut faire croire à un retour de colonialisme" s'offusquera Me Michaux, pour la défense, "la déclaration préalable à l'embauche incombait à son épouse et cet employé pouvait partir à tout moment" . C'est oublier l'emprise psychologique dont il était victime, affirme la partie civile qui n'hésite pas à parler de traite d'être humain. "D'ailleurs, il s'était déjà sauvé, en 2011", explique le prévenu. Un terme pour le moins maladroit qui sera relevé par la greffière, sur injonction de la présidente. Non, Neuvy-sur Barangeon, ce n'est pas la côte d'Ivoire !