Faits divers – Justice

Braquages de Drumettaz-Clarafond : les quatre accusés se disent innocents

Par Bleuette Dupin, France Bleu Pays de Savoie vendredi 30 septembre 2016 à 5:30

Dans leur fuite, les cinq malfaiteurs avaient braqué un automobiliste sous le tunnel de l'Epine et mis le feu à leur véhicule
Dans leur fuite, les cinq malfaiteurs avaient braqué un automobiliste sous le tunnel de l'Epine et mis le feu à leur véhicule © Maxppp - PQR/DL

Au premier jour du procès en assises pour les braquages de bijouteries au centre commercial Leclerc de Drumettaz-Clarafond en janvier 2013, les quatre accusés ont maintenu leur position: ils n'ont rien à voir avec cette affaire.

"Je suis innocent, je n'ai pas commis ces crimes " a dit le premier accusé interrogé par la présidente. " Je suis choqué d'être en prison pour ça, j'espère prouver que je suis innocent ", a dit le deuxième. Même refrain pour les deux autres accusés.
Ali Kouicem, 31 ans, et Oualid Tamalili, 27 ans, sont jugés pour avoir participé aux braquages des bijouteries mais aussi du conducteur à qui ils ont volé son véhicule sous le tunnel de l’Epine. Ils sont en détention depuis septembre 2013.
Laurent Lazzili, 30 ans, est jugé non pas pour avoir commis ces braquages mais pour avoir aidé à leur préparation notamment en se rendant à plusieurs reprises sur place pour effectuer des repérages. Il est détenu mais dans une autre affaire.
Jonathan Bathier, 27 ans, comparait libre pour avoir volé le véhicule qui a servi à Drumettaz-Clarafond. Six jours plus tôt, une femme a vu débarquer chez elle à Moirans un homme cagoulé qui l’a menacé avant de repartir avec sa voiture. Il portait un bracelet électronique qui n’a pas relevé d’éloignement de son domicile au moment du braquage.

Trois braqueurs présumés sont absents du box

Ils étaient cinq braqueurs le soir du 10 janvier 2013 à Drumettaz-Clarafond : quatre dans le centre commercial, et un dehors au volant de la voiture volée prête à partir. Or seuls deux des quatre accusés sont jugés pour ces faits, les deux autres sont jugés pour complicité. Il manque donc trois braqueurs présumés dans le box.

Deux accusés ont laissé leur ADN

Les quatre hommes présents contestent les faits. Entendu par les enquêteurs, Oualid Tamalili a désigné Ali Kouacem comme l’ordonnateur de ces braquages. Il a reconnu avoir fait des repérages tant que le projet était un vol avec effraction. Mais dès qu’il a basculé dans le braquage, il dit avoir refusé d’y participer. Son ADN a été retrouvé sur un marteau laissé par les braqueurs dans une des vitrines des bijouteries.
Autre profil ADN retrouvé, celui d’Ali Kouicem, sur un masque, type Anonymous, abandonné sous le tunnel de l’Epine par les malfaiteurs au moment où ils ont changé de véhicule, après avoir braqué un automobiliste. Son avocat souligne qu’il s’agit d’un profil ADN partiel et que trois autres profils ADN ont été retrouvés sur ce masque sans être identifiés.

Les témoignages des employées des bijouteries sont attendus lundi

Le directeur d’enquête viendra à la barre ce vendredi expliquer comment les gendarmes sont remontés jusqu’aux quatre accusés. Lundi, les employées présentes dans les deux bijouteries viendront témoigner. Des témoignages qui ne seront pas décisifs puisque les braqueurs étaient masqués et habillés de combinaisons mais qui sont « importants pour passer du statut de victimes à celle de partie civile », selon leur avocat. Certaines employées n’ont pas pu reprendre leur activité à la suite du choc de ce braquage.
L'automobiliste qui a été braqué et frappé par les malfaiteurs dans leur fuite sous le tunnel de l'Epine sera entendu lundi. Il est à la fois témoin et partie civile mais Alain Lemarié ne se considère pas comme une victime, il ne demande pas de dommages et intérêts. Son témoignage:

Le récit d'Alain Lemarié sur le braquage de son véhicule sous le tunnel de l'Epine le soir du 10 janvier 2013