Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Braqueur en Italie, chef cuisinier en Corse

vendredi 3 août 2018 à 20:41 Par Thibault Quilichini et Jérôme Susini, France Bleu RCFM et France Bleu

Roberto Corletto tentait de faire oublier Luigi Bestetti. Ce chef cuisinier très apprécié dans son travail a été arrêté le 11 juillet dernier chez lui à Porticcio. Depuis dix ans, il vivait en Corse sous une fausse identité et était recherché en Italie pour des braquages. Une histoire peu commune.

Palais de justice d'Ajaccio
Palais de justice d'Ajaccio © Maxppp - Maxppp

Ajaccio, France

Luigi Bestetti était plus connu en Corse sous le nom de Roberto Corletto. Cet italien âgé de soixante-six ans n'avait jamais fait parlé de lui dans l'île et vivait une vie paisible, entre son travail de chef cuisinier à mi-temps et sa passion pour les chiens. Difficile donc, en le voyant frêle derrière la vitre du box des accusés, d'imaginer que cet homme qui travaillait à Porticcio, était notamment recherché dans son pays d'origine, pour une attaque de fourgon blindé à la kalachnikov du côté de Milan en 1994 où un convoyeur de fonds avait trouvé la mort. Des faits pour lesquels il avait été condamné par la justice italienne à une peine de prison à perpétuité.

"Pour moi c'est Roberto, un homme très doux et attachant"

Le 11 juillet dernier, "Roberto Corletto" est interpellé à son domicile sans opposer de résistance. Il reconnait immédiatement être Luigi Bestetti. Dans son trente mètres carrés, la police découvre deux armes de poing, un Walter PKK, un P38, ainsi que 200 munitions. 

Depuis sa condamnation en Italie, l'homme était sous le coup d'un mandat d'arrêt européen et vivait donc sous une fausse identité. Pour son employeur Yoann Rossi, c'est la stupéfaction. "Roberto, c'est quelqu'un qui travaille avec moi depuis huit ans passés, qui n'a jamais fait parlé de lui, qui est tous les matins à son boulot à la même heure, et on a été surpris au tribunal. Je ne sais si c'est un film noir ou quelque chose qui n'a jamais existé."

Yoann Rossi, l'employeur de Luigi Bestetti, ignorait tout de la vie passée de son employé

Dix ans de cavale et des imprudences 

L'arrestation de Luigi Bestetti le 11 juillet dernier a fait suite à une dénonciation anonyme. En cavale depuis une dizaine d'années, le chef-cuisinier pensait tellement que sa vie de braqueur était derrière lui qu'il avait même participé à une émission de télévision consacrée à la cuisine sur la chaîne de service publique France 3 Corse Via Stella. Récemment, il était aussi apparu dans une revue consacrée à la cité balnéaire de Porticcio.

L'homme explique qu'il s'était fait à sa nouvelle vie, et se sentait bien en Corse car "il y a le soleil, la mer et du travail". Luigi Bestetti avait laissé sa compagne et son fils âgé de seize ans à Nice. De temps en temps, il leur envoyait de l'argent et partait même leur rendre visite.

Au palais de justice d'Ajaccio, le tribunal correctionnel n'avait à juger qu'un cuisinier, qui détenait des armes, des munitions et de faux documents administratifs. Le substitut du procureur avait requis 18 mois de prison ferme et une interdiction de séjour sur le territoire français de dix ans, Luigi Bestetti a finalement été condamné à un an de prison sans interdiction de séjour en France. Les deux avocats de la défense ont décidé de faire appel de cette condamnation. Quant à l'autre volet de ce dossier, il faudra encore attendre avant de savoir si l'homme sera remis aux autorités italiennes en raison de son mandat d'arrêt européen.