Faits divers – Justice

Bugaled Breizh : audience en appel à Rennes. Le dernier espoir des familles

Par Mikaël Roparz, France Bleu Armorique, France Bleu Breizh Izel et France Bleu Loire Océan mardi 3 mars 2015 à 6:00

Le Bugaled Breizh dans le port militaire de Brest
Le Bugaled Breizh dans le port militaire de Brest © MIikaël Roparz-Radio France

Nouvel épisode judiciaire dans le dossier du Bugaled Breizh. L'appel sur le non-lieu est examiné par la cour d'appel de Rennes ce mardi. Le chalutier breton avait sombré au sud-ouest de l'Angleterre le 15 janvier 2004. Cinq marins sont morts.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes se réunit à 09H30 pour examiner l'appel déposé par les familles des victimes contre le non-lieu prononcé il y a moins d'un an par le tribunal de NantesLes proches des cinq marins morts dans le naufrage continuent à se battre pour connaître enfin la vérité. Ils sont persuadés que le bateau du Guilvinec a été envoyé par le fond par un sous-marin qui se serait pris dans ses filets alors que se déroulaient dans la zone des manœuvres de l'Otan avec des sous-marins de diverses nationalités. Mais l'instruction du dossier, bouclée le 3 juillet 2013, n'a pas pu valider cette thèse.

A LIRE AUSSI La justice rend un non-lieu 

Il faut dire que les juges se sont à plusieurs reprises heurtés au secret-défense. Christian Bergot, avocat des familles va demander à ce que l'on poursuive les investigations. Cette audience est celle de la dernière chance : "Ça passe ou ça casse. Si le non-lieu est confirmé, le dossier est mort " indique l'avocat. 

"Rien à cacher " pour le ministre de la Défense

Avant le non-lieu prononcé à Nantes en mai 2014, le 31 Juillet 2008 à Quimper, le tribunal avait pourtant clairement établi l'implication d'un sous-marin. Décision confirmée en appel à Rennes un an plus tard, puis en 2010 la Cour de cassation prononce aussi la même année un arrêt favorable aux parties civiles.

L'armateur du chalutier  Michel Douce a demandé à rencontrer le président de la République. Dans un courrier, François Hollande exprime sa compassion mais renvoie vers la garde des Sceaux, Christiane Taubira. De son côté, le ministre de la Défense, le Breton Jean-Yves Le Drian, a répondu à l'armateur que "la justice n'a pas établi de lien entre ces manœuvres et le naufrage et qu'aucun engagement de l'Etat dans cet accident n'a pu être démontré ". "Le ministre de la Défense a donné tout ce qu'il pouvait donner à la justice. Il n'y a rien à cacher " a dit Jean-Yves Le Drian. 

A LIRE AUSSI : "Il n'y a rien à cacher" dit Jean-Yves Le Drian

La semaine dernière, un des avocats des parties civiles a demandé la récusation du magistrat qui doit assurer la présidence de l'audience. Ce juge a déjà pris position dans ce dossier pour l'avoir déjà jugé en 2013. Une demande rejetée par la cour d'appel de Rennes. 

L'audience devrait se dérouler à huis clos et la décision être mise en délibéré.

Bugaled Breizh : que faut-il attendre maintenant ? Christophe Dewaele

 

Partager sur :