Faits divers – Justice

Les familles des marins du Bugaled Breizh se sentent de plus en plus proches de la vérité

Par Pauline Kerscaven, France Bleu Breizh Izel et France Bleu mercredi 15 novembre 2017 à 6:02

L'épave du Bugaled Breizh à l'arsenal de Brest.
L'épave du Bugaled Breizh à l'arsenal de Brest. © Maxppp - .

La justice anglaise s'est saisie de l'affaire du "Bugaled Breizh" en juillet 2015. La procédure, très longue, est jalonnée d'audiences en Cornouailles. Mais les familles des marins disparus se sentent "de plus en plus proches de la vérité".

Si la justice française a rendu un non-lieu dans l'affaire du Bugaled Breizh, l'affaire n'est pas close outre-Manche. En juillet 2015, la coroner de Truro, en Cornouaille anglaise, s'est saisie du dossier. Elle est compétente car les corps de deux des marins avaient été retrouvés dans les eaux anglaises.

Le 15 janvier 2004, cinq marins bretons étaient morts noyés après que leur chalutier, immatriculé au Guilvinec, ait coulé en moins d'une minute, dans les eaux internationales, au large du cap Lizard. Les familles des victimes ont toujours soutenu la thèse d'un accrochage avec un sous-marin mais elles n'ont jamais été suivies par les juges français.

Nouvelle audience ce mercredi mais à quand le procès ?

La procédure anglaise, l'inquest, est longue. Et pour cause, il faut traduire et étudier de nombreux documents. "La coroner a désigné un avocat détective qui réuni tous les éléments de preuves, explique maître Dominique Tricaud, avocat de certaines familles des victimes. Il fait une liste de tous les documents qui doivent être traduits, des experts qui doivent être entendus et quand l'affaire sera en état, une audience, probablement avec un jury, durera une semaine."

Alors à quand le procès ? Il aurait pu et dû avoir lieu en mars dernier. Maître Tricaud espère que le jury se retrouvera "dans moins de six mois". Si la conclusion de l'inquest "était comme nous le pensons qu'un sous-marin de la marine britannique est responsable du naufrage, ça vaudra condamnation". L'avocat a confiance en la justice anglaise, plus incisive que la nôtre, car la "coroner de Truro prend manifestement à cœur cette affaire". Et de conclure : "Nous n'avons jamais été aussi proches de la vérité."