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TEMOIGNAGE : "avant je me promenais avec mon couteau, aujourd'hui j'ai mon téléphone grave danger"

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Par , France Bleu Champagne-Ardenne, France Bleu

A l'occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, témoignage d'une victime à Reims qui vit avec un téléphone grave danger. Il y en a seulement 14 dans la Marne, et ce téléphone c'est une "arme" pour Sylvie.

Sylvie a accepté de témoigner, elle est équipée d'un téléphone grave danger depuis juillet 2020.
Sylvie a accepté de témoigner, elle est équipée d'un téléphone grave danger depuis juillet 2020. © Radio France - Sophie Constanzer

Depuis juillet, Sylvie possède ce téléphone "grave danger". "C'est comme une arme parce qu'avant je me promenais avec un couteau", raconte cette femme de 57 ans, qui a accepté de témoigner ce mercredi 25 novembre sur France Bleu Champagne-Ardenne. Victime de violences de la part de son compagnon en septembre 2019 à Reims et de menaces de mort répétées pendant plusieurs mois, elle a reçu ce dispositif qui permet d'alerter la police rapidement. Sur les six téléphones grave danger disponibles dans la juridiction de Reims, 5 sont attribués dont l'un à Sylvie. 

C'est comme une arme parce qu'avant je me promenais avec un couteau -- Sylvie 

"La police réagit vraiment très vite avec ce téléphone, donc je me dis que si je suis dans la rue et que j'ai ce téléphone la police sera là, c'est important pour moi", souligne Sylvie. Car avant de recevoir ce téléphone qu'elle ne quitte plus, elle n'allait plus dans la rue, dans le parc, elle n'osait plus sortir de son immeuble. Pendant quasiment une année, son agresseur l'a poursuivi. "Il venait faire pipi sur le paillasson, il tapait dans les portes de l'immeuble, il a badigeonné les portes d'excréments avec mon nom dessus, il a mis une couronne funéraire devant la porte...", énumère t-elle avec calme. 

Le témoignage de Sylvie à réécouter.

Le téléphone quand il est activé, permet d'alerter la police plus rapidement.
Le téléphone quand il est activé, permet d'alerter la police plus rapidement. © Radio France - Sophie Constanzer

Il me faisait comprendre que la mort c'est ce qui allait m'arriver et donc j'en avais terriblement peur 

Et quelques jours seulement après avoir reçu le téléphone grave danger, elle a du l'activer en août 2020. Car son agresseur l'a harcelé une fois de plus jusque devant sa porte. "La fois où il est venu, qu'il a tapé à grands coups de pied dans la porte à presque défoncé ma serrure, j'ai appelé avec mon téléphone, j'ai fait les trois coups, je suis tombée en direct sur quelqu'un qui m'a demandé ce qu'il se passait, donc ils connaissent aussitôt où on se trouve, et la police est arrivée très vite !...". 

Les violences faites aux femmes, priorité de la justice en 2020 ? 

A Reims, 250 dossiers de violences conjugales ont été enregistrés entre le 1er janvier et le 30 septembre 2020. Parmi eux, 80 ont été classés sans suites, et 142 ont reçu une réponse pénale : alternatives aux poursuites comme des stages, ou poursuites pénales. Avec "un taux de condamnation quasi de 100%" précise le procureur de la République de Reims Matthieu Bourrette. 

A Châlons-en-Champagne, la question des violences conjugales est bien une priorité et "les chiffres le prouvent" selon la procureure de la République Ombeline Mahuzier. Pas moins de 8 téléphones "grave danger" sont attribués. Et entre octobre 2019 et octobre 2020, le volume des affaires de violences conjugales poursuivies -pour lesquelles il y a suffisamment de preuves, pas de prescription- a augmenté de 54% (soit 268 affaires). Et les poursuites sont en hausse de 33%. Et des groupes de parole pour les hommes condamnés pour violences conjugales, ont été crées en 2020. 

Violences conjugales : les mesures du gouvernement
Violences conjugales : les mesures du gouvernement © Visactu
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