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Faits divers – Justice

"C'était une bombe à retardement" : elle a connu l'homme mis en examen pour le meurtre de Johanna Blanes, elle témoigne

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Par , France Bleu Gascogne, France Bleu

Elle a côtoyé l'homme mis en examen pour le meurtre de Johanna Blanes. Elle décide de témoigner sur France Bleu Gascogne. Cet homme de 32 ans, qui vit à Saint-Pierre-du-Mont, dans les Landes, est poursuivi et placé en détention provisoire pour le meurtre et le viol de la jeune femme.

La porte de l'appartement de l'homme de 32 ans mis en examen pour le meurtre et le viol de Johanna Blanes.
La porte de l'appartement de l'homme de 32 ans mis en examen pour le meurtre et le viol de Johanna Blanes. © Radio France - Fanette Hourt

Mont-de-Marsan, France

Elle a pris son courage à deux mains pour témoigner. Carole* avait peur de parler, peur de perdre son travail, peur des représailles. Mais "ça fait une semaine que je ne dors plus", depuis qu'elle a appris que Johanna Blanes est morte.

La jeune femme de 24 ans a été tuée et violée dimanche dernier, dans un tunnel piéton qui relie Mont-de-Marsan à Saint-Pierre-du-Mont. Un homme de 32 ans, réfugié syrien, est mis en examen et a été placé en détention provisoire ce samedi. Une information judiciaire a été ouverte et la suite de l'enquête confiée à deux juges d'instruction.

Le suspect vit dans les Landes depuis 2016. Il est actuellement installé à Saint-Pierre-du-Mont, et Carole elle lui a rendu visite quasiment tous les jours pendant un an et demi. Carole est médecin, infirmière, aide-soignante, ou auxiliaire de vie... finalement peu importe. Elle commence à aller chez lui fin 2017, matin et soir, pour lui apporter ses médicaments.

De graves traumatismes

Ce réfugié syrien souffre de sévères psychoses. Il a en effet été traumatisé par ce qu'il a vu, par ce qu'il a vécu en Syrie, mais il a aussi été marqué par la mort de son fils. Celui-ci décède alors qu'il est encore un bébé. A ce moment-là, toute la famille est installée à Rion-des-Landes. Depuis, il a déménagé à Saint-Pierre-du-Mont, et il ne vit plus avec sa femme, qui a porté plainte pour violences conjugales. Celle-ci a d'ailleurs été exfiltrée de leur domicile avec leurs deux filles et prise en charge par les services sociaux. 

L'homme commence donc à être suivi fin 2017. Sauf que très vite, Carole voit bien que "c'est une bombe à retardement". Elle décrit une personne menaçante, violente, qui tient des propos incohérents. "Il errait dans les rues de Saint-Pierre-du-Mont très tôt le matin", décrit-elle ainsi. 

Mais il y a bien pire. "Un jour, au cours de l'année 2018, je découvre son chat pendu à un lustre de son appartement. Il l'a laissé là pendant deux jours", explique-t-elle avec horreur. "Une autre fois, j'arrive chez lui et je le découvre recouvert de sang et de viande", ajoute Carole. "Il faisait ça pour nous faire peur."

Un jour, au cours de l'année 2018, je découvre son chat pendu à un lustre de son appartement. Il l'a laissé là pendant deux jours." — Carole témoigne.

Et cela fonctionne. Carole a très peur de lui. "Les deux dernières fois que je l'ai vu, j'étais enceinte. Alors j'ai demandé à mon mari de m'accompagner", raconte-t-elle, encore choquée.

L'homme a travaillé quelques mois pour un groupe agroalimentaire landais. Mais cela n'a pas duré, et finalement, on découvre que ce réfugié syrien ne prend pas son traitement. Il fait semblant d'avaler ses médicaments, les cache dans sa bouche, puis les revend. Alors, on décide de tout arrêter, plus de prescription, plus aucun suivi, plus de traitement. "Nous n'avons donc plus eu aucun regard sur lui et sur son évolution. Il est livré à lui-même depuis début 2019", se désole Carole.

Soumise au secret médical, elle n'a rien signalé à la police, mais elle assure qu'elle a fait remonter tout ce qu'elle a vu à sa hiérarchie. Mais "on ne nous a pas pris au sérieux", dit-elle avec agacement, ajoutant "je ne comprends pas qu'on puisse laisser un homme dangereux livré à lui-même. Je témoigne aujourd'hui pour que ça n'arrive plus."

*Son prénom a été modifié.