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CARTE - Canicule : Météo France maintient 15 départements en vigilance rouge et 51 en orange

"Ça laisse un goût amer" : une avocate de Montpellier au procès du Médiator

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Par , France Bleu Hérault

L'avocate de Montpellier, Me Catherine Szwarc, a assisté au procès fleuve du Médiator du début, le 23 septembre 2019 à la fin, le lundi 6 juillet. Elle représente 120 parties civiles. Elle revient pour nous sur ce procès "historique".

L'avocate de Montpellier Me Szwarc représente 120 parties civiles au procès du Médiator
L'avocate de Montpellier Me Szwarc représente 120 parties civiles au procès du Médiator © Maxppp - Jean Francois Frey

"Si nous étions sur le papier à être 400 avocats de la partie civile, finalement nous étions une dizaine être tous les jours à l'audience". Avocate à Montpellier, Me Catherine Szwarc représente 120 parties civiles au procès du Médiator qui s'est ouvert le 23 septembre 2019 et qui s'est refermé lundi 6 juillet, après les plaidoiries de la défense. Il faudra attendre le 29 mars 2021 pour connaître la décision du tribunal correctionnel de Paris.

Prescrit à environ cinq millions de personnes pendant les 33 ans de sa commercialisation, ce médicament présenté comme un adjuvant au traitement du diabète mais largement détourné comme coupe-faim n'a été retiré du marché qu'en novembre 2009. Un scandale sanitaire qui a été révélé il y a dix ans par la pneumologue de Brest Irène Frachon.

La durée du procès ? 

"On peut dire que c'est un procès historique, vraiment. C'est le scandale sanitaire du siècle qui s'est traduit par une procédure extraordinaire. Et aussi par les séquelles engendrées, parce que c'est allé jusqu'à la mort".

Le moment le plus fort ? 

"Quand les victimes s'avançaient à la barre avec beaucoup de timidité et de tristesse. Pas d'agressivité, beaucoup de souffrance et elles venaient poser leur souffrance, là, au pied du tribunal, en expliquant leur parcours, leur détresse. Des moments vraiment très émouvants, très difficiles. C'est quelque chose... on part avec. On l'a dans le cœur après".

Le déroulement du procès ?

"Les laboratoires Servier avaient quand même la possibilité de combattre, de mener une guerre judiciaire de qualité. Et notamment, ils ont pu faire citer 100 témoins, ça a un coût. Par ailleurs, il y avait énormément de professeurs, de médecins qui venaient d'Outre-Manche. Il a fallu des traducteurs. Et on se rendait compte, parce qu'on leur posait très clairement la question, qu'ils avaient reçu des milliers de dollars, plus le voyage. Ce que je exprime là, c'est la différence qu'il y a entre la personne qui peut se défendre avec de gros moyens et les victimes, et même la justice, qui n'ont pas énormément de moyens".

Le réquisitoire ? 

"La procureure de la République a requis les amendes les plus fortes. En cumulé, c'est un peu plus de 10 millions d'euros. Pour les laboratoires Servier, c'est huit d'heures de travail en terme de chiffre d'affaires. Elle aurait pu décider de demander des peines complémentaires, comme la fermeture d'établissement, mais elle a dit "je ne veux pas nuire aux salariés, ni aux créanciers".

Ça laisse un goût amer parce que ça signifie que les salariés, à leur insu, ils sont un para-tonnerre. Les foudres judiciaires ne peut pas s'abattre sur les laboratoires Servier ?

En plus des 10.228 millions d'euros d'amendes requis contre les laboratoires Servier, l'accusation a également requis cinq ans de prison dont trois ferme et 200.000 euros d'amende à l'encontre de Jean-Philippe Seta, l'ancien numéro 2 du groupe. Des amendes et des peines de prison avec sursis ont par ailleurs été demandées contre d'anciens cadres et experts des autorités de santé accusés de "conflits d'intérêts" avec Servier.  

Les parties civiles ont réclamé au total un milliard d'euros de dommages et intérêts en réparation des préjudices subis, dont plus de 450 millions pour les seules caisses d'assurance maladie, qui ont pris en charge le remboursement du Mediator et qui s'estiment victimes d'escroquerie.

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