Faits divers – Justice

"Cabu était un virtuose du dessin" selon Daniel Casanave, dessinateur de presse rémois

Par Aurélie Jacquand, France Bleu Champagne-Ardenne mercredi 6 janvier 2016 à 11:07

La Revue dessinée consacre des pages à l'attentat de Charlie Hebdo
La Revue dessinée consacre des pages à l'attentat de Charlie Hebdo © Radio France - Sophie Constanzer

"7 janvier 2015, 11h20", c'est le titre de l'article que La Revue dessinée consacre à l'attentat de Charlie Hebdo. Les enquêteurs arrivés sur place quelques minutes après la tuerie témoignent, croqués par un dessinateur.

"Je me souviens d'une sale journée et d'une semaine de merde". Comme de nombreux Français, le Rémois Daniel Casanave a très précisément en mémoire cette journée du 7 janvier 2015. Peut-être même un peu plus que d'autres, parce qu'il est lui-même dessinateur, de BD et de presse. La revue dessinée, pour laquelle il collabore, a choisi de consacrer 30 pages de son dixième numéro à cet attentat meurtrier.

"Le dessin permet de prendre du recul et de suggérer les choses"

Au fil des pages, Raphaël, commissaire de police, Laurence, brigadier-chef à la section antiterroriste, ou encore Helen et Milan, témoignent et racontent comment ils ont appris les faits et comment ils ont vécu ces instants sur place, quelques minutes après l'assassinat de 11 personnes aux abords et dans les locaux de Charlie Hebdo. Pour illustrer leurs propos, pas de photos mais des dessins. "Ces témoignages m'ont retourné et le dessin permet ça. On y voit presque plus de choses que dans une photo parce qu'il y a une part d'imagination, on se doit d'inventer ce qui reste", explique Daniel Casanave.

Un an après l'attentat, le journal satirique continue de paraître et a même sorti un numéro spécial de 32 pages au lieu de 16. En Une, le dessin d'un Dieu, barbu et armé d'une kalachnikov, qui court avec son habit ensanglanté et ce titre "1 an après, l'assassin court toujours". "Je peux comprendre que ça puisse blesser, mais c'est fait pour ça", ajoute Daniel Casanave dans un sourire. Lui, se sent toujours aussi libre de dessiner ce qu'il veut "Je n'ai pas l'impression de faire un métier dangereux".

L'esprit Charlie est toujours là

Pour ce dessinateur de presse, l'esprit Charlie, celui de la manifestation du 11 janvier, est encore présent dans la société, d'autant plus après les attaques du 13 novembre au Bataclan, au stade de France et aux terrasses de café à Paris. Mais quand il s'agit de l'esprit du journal Charlie Hebdo, Daniel Casanave est plus sceptique : "Il y a des fractures sur le droit au blasphème, la place de Dieu, ce que l'on a le droit de dire ou faire, c'est compliqué".

Aujourd'hui Daniel Casanave veut aussi conserver le souvenir du dessinateur châlonnais Cabu, tué ce 7 janvier 2015. Un grand génie du dessin, dit-il. "Moi c'est mon père qui m'a fait lire Cabu quand j'étais petit et ça ne m'a jamais quitté. Il avait une virtuosité, on avait plaisir à le regarder dessiner et en plus c'était quelqu'un d'une gentillesse extrême"

Lire par ailleurs : Châlons-en-Champagne organise un concert en hommage à Cabu.

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